Dix ans après l’attaque de la ville de Tshimbulu par des éléments liés au mouvement Kamuina Nsapu, les souvenirs de cette période restent profondément ancrés dans la mémoire collective.
Pour François Mbala Mukinayi, directeur général de l’ISDR Tshimbulu et doctorant en sociologie, le phénomène Kamuina Nsapu a laissé de lourdes conséquences humaines, sociales et économiques dans le territoire de Dibaya et au Kasaï Central.

Selon lui, cette crise a notamment entraîné des pertes en vies humaines, des déplacements de populations, des destructions d’infrastructures, des séquelles physiques et une paupérisation de nombreuses familles. Dix ans après, certaines blessures sociales restent encore visibles, notamment à travers les divisions et la méfiance au sein des communautés.
Le sociologue estime également que les interventions menées après la crise n’ont pas permis de résoudre suffisamment les problèmes structurels. Il cite notamment la dégradation des routes et la précarité persistante de certaines infrastructures.
François Mbala Mukinayi appelle par ailleurs la population à se détourner des croyances magico-religieuses qui, selon lui, ont accompagné et favorisé l’expansion du mouvement.
Il encourage plutôt le recours au dialogue et aux mécanismes institutionnels pour résoudre les conflits.
« Lorsqu’il y a une revendication, il faut saisir les instances et trouver une solution », recommande-t-il, appelant également l’État à jouer pleinement son rôle conformément aux lois de la République.
Évoquant les mécanismes de réparation, notamment le Fonds national de réparation des victimes (Fonarev), le sociologue souhaite que les victimes et les familles affectées puissent bénéficier d’une véritable prise en charge.
Dix ans après le 8 août 2016, il estime enfin que la mémoire de cette crise doit servir de leçon. Pour lui, la reconstruction de Tshimbulu et du territoire de Dibaya doit passer non seulement par les infrastructures, mais aussi par la réconciliation, la restauration de la confiance et le renforcement de la présence de l’État.
Jonas NGONDO wa Kapita



