Le Directeur de cabinet du Ministre de la Communication et Médias, Me Nicolas Lianza Likwale, a représenté le Ministre Patrick Muyaya Katembwe à la cérémonie de lancement officiel du projet « Impulsion Médias en RDC : modernisation, protection et accès à l’information publique », ce jeudi 20 août 2026 au Cercle de Kinshasa. Portée par la Fédération des Radios de Proximité du Congo (FRPC), avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC), cette initiative entend contribuer à la transformation du secteur médiatique congolais, particulièrement des médias de proximité.

Prenant la parole à cette occasion, Me Nicolas Lianza Likwale a salué une initiative qui s’inscrit dans la dynamique des réformes engagées dans le secteur de la communication et des médias. « Trois mots en résument l’ambition que nous portons collectivement depuis les États généraux de la communication et Médias de janvier 2022 : moderniser, protéger et garantir l’accès à l’information publique », a-t-il déclaré.
Il a notamment souligné la nécessité de poursuivre la modernisation du secteur, d’améliorer les conditions professionnelles des journalistes et de renforcer leur protection face aux nouveaux défis liés à la désinformation et aux mutations technologiques. À ce titre, il a annoncé la poursuite des travaux devant conduire à l’élaboration d’une loi sur l’organisation des médias, intégrant notamment les nouveaux acteurs du paysage médiatique et les producteurs de contenus numériques.
Sur la protection des journalistes, le Directeur de cabinet a insisté sur la responsabilité collective des acteurs du secteur. « La liberté de la presse ne peut être réelle que lorsque celui qui informe travaille dans la peur. Un journaliste protégé est un journaliste libre », a-t-il affirmé, appelant à la consolidation des mécanismes d’alerte précoce, de protection juridique et de sécurité numérique, avec une attention particulière aux journalistes de proximité et aux femmes journalistes.
Évoquant l’accès à l’information publique, Me Nicolas Lianza Likwale a rappelé que le Gouvernement entend renforcer les mécanismes permettant aux professionnels des médias d’accéder aux sources officielles, notamment à travers les briefings de presse, afin de favoriser une information crédible, accessible et régulière.

Partie prenante de ce projet, le groupe inter bailleur des médias à travers la Représentante a.i de l’UNESCO en RDC, Fatoumata Marega a encouragé la FRPC ainsi que l’ensemble des parties prenantes à poursuivre avec détermination ce plaidoyer en faveur d’un environnement médiatique plus libre, plus sûr et plus professionnel.
« Je formule mes vœux de plein succès à cette initiative, qui ambitionne de contribuer à
l’amélioration du cadre légal, institutionnel et réglementaire du secteur des médias en
République démocratique du Congo, au service d’un journalisme professionnel, indépendant et responsable. Elle vise également à renforcer les mécanismes d’alerte précoce, de protection juridique et de sécurité numérique, en particulier au bénéfice des femmes journalistes, souvent davantage exposées aux risques et aux violences dans l’exercice de leur profession », a-t-elle souhaité.
Prenant la parole, le Président national de l’Union nationale de la presse congolaise, Kamanda wa Kamanda Muzembe s’est exprimé en ces termes : « L’Union Nationale de la Presse du Congo, conformément à sa mission de structuration et de régulation de la profession, s’est engagée dans un processus visant
à doter les journalistes congolais d’une carte d’identité professionnelle moderne, sécurisée et crédible. Cette carte ne doit pas être comprise comme un simple morceau de plastique ou un document administratif. Elle est avant tout un instrument d’identification professionnelle. Elle permettra de distinguer clairement le journaliste professionnel des personnes qui, sans avoir cette qualité, utilisent abusivement le titre de journaliste ou se prévalent de la qualité de professionnel des médias. Elle doit également contribuer à restaurer la confiance entre les journalistes, les pouvoirs publics, les sources d’information et la population. Nous voulons donc que cette carte soit porteuse de trois exigences : identification, crédibilité et responsabilité ».

De son côté, le président de l’UNPC-Kinshasa, Jean-Marie Kassamba, a félicité la FRPC pour cette initiative destinée, selon lui, à renforcer la professionnalisation des radios de proximité et à mieux structurer la communication nationale. « Ça permet également de structurer notre communication nationale avec les médias professionnels », a-t-il indiqué, tout en saluant les réformes engagées dans le secteur de la communication et des médias.
Jean-Marie Kassamba a également insisté sur l’importance de la carte de presse professionnelle, dont le processus d’octroi est relancé par l’UNPC. « Tous les récalcitrants, tous ceux qui s’improvisent, tous ceux qui pensent faire ce métier en RDC doivent désormais avoir leur carte professionnelle sécurisée », a-t-il martelé, précisant que l’UNPC entend travailler avec les différentes administrations et organisations concernées pour identifier les professionnels et assainir le secteur.
Il a, par ailleurs, rappelé que l’exercice du journalisme doit être distingué des autres métiers techniques de la presse, notamment la photographie et la prise de vue, estimant que la professionnalisation passe également par une identification claire des différents acteurs.
Pour sa part, le président de l’Union nationale des cameramen du Congo (UNCC), Merlin Kamalandua, a salué le lancement du projet et appelé les professionnels de l’image à se conformer aux mécanismes d’identification professionnelle. « Ta profession te définit, mais ta carte t’identifie », a-t-il souligné, estimant que cette démarche constitue un outil de sécurisation des métiers liés à la production audiovisuelle.

Il a assuré que l’UNCC entend poursuivre son travail d’identification des cameramen à Kinshasa et dans les provinces, tout en renforçant sa collaboration avec l’UNPC pour harmoniser les mécanismes de reconnaissance professionnelle.
À travers « Impulsion Médias en RDC », les différents acteurs entendent ainsi contribuer à l’émergence d’un paysage médiatique plus professionnel, inclusif, moderne et proche des communautés, dans un contexte marqué par la mise en œuvre progressive de la loi n°23/009 du 13 mars 2023 relative à la liberté de la presse et de ses mesures d’application.
À l’issue de son intervention, Me Nicolas Lianza Likwale a officiellement lancé le projet, réaffirmant l’ambition du Gouvernement de promouvoir « une presse libre et responsable, des journalistes professionnels et protégés, et des médias modernes et accessibles ».
Sakola.info



