Le gouvernement de la RDC alerte sur un nouveau cas de maladie épidémique dans la partie Est du pays. Dans une communication tard dans la soirée, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, le ministre de la santé Roger Kamba et le professeur Muyembe Épidémiologiste congolais ont rapporté les résolutions de la réunion d’urgence autour du chef de l’Etat Felix Antoine Tshisekedi et de quelques membres du gouvernement sur la situation.

Il s’agit d’une épidémie de virus Ebola, de la la souche Bundibugyo, une souche différente de la souche habituelle « Zaïre ».
• Létalité : Cette souche est moins létale (cause moins de décès proportionnellement) que la souche Ebola Zaïre historique.
• Origine : C’est une maladie zoonotique (qui provient d’un animal sauvage) et non une résurgence d’un virus qui cachait son jeu chez un humain depuis des années.
2. Situation épidémiologique et Zones touchées
• Le bilan provisoire annoncé :
• 513 cas suspects
• 131 décès enregistrés dans la communauté (chiffre à nettoyer pour confirmer s’ils sont tous liés à Ebola).
• Zones de santé touchées : L’épicentre et l’expansion concernent des zones très commerciales : Beni, Mongo, Roi, Kounde, Butembo, 1KA, et des cas évoqués vers Goma.
• Chronologie :
• 24 avril : Apparition du cas index (patient zéro).
• 5 mai : Première alerte communautaire suite à une hausse des décès.
• 14 mai : Réception des échantillons à Kinshasa (INRB) et confirmation du virus dans la nuit (déclaration officielle le vendredi).
3. Facteurs de propagation et retard de prise en charge
• Croyances mystiques : Au début, la communauté a pensé à une maladie mystique ou un sortilège (l’intervenant mentionne une histoire de « cercueil » et de couples décédés). Les malades ont été conduits chez des tradipraticiens plutôt qu’à l’hôpital, ce qui a accéléré la propagation.
• Faux négatifs au départ : Les premiers tests locaux (à Buya) étaient négatifs car les kits utilisés étaient configurés pour détecter la souche classique Ebola Zaïre et non cette souche différente. C’est la vigilance des soignants qui a poussé à envoyer les prélèvements à Kinshasa.
• Symptômes trompeurs : Contrairement à Ebola Zaïre qui cause des hémorragies spectaculaires très vite, cette souche commence par des signes s’apparentant à la malaria ou à une forte grippe (fièvre, vomissements, fatigue), ce qui a retardé la détection.
4. Stratégie de riposte et Mesures de prévention
• Expertise locale : La RDC rappelle qu’elle a une immense expertise (17e épidémie gérée) et qu’elle a déjà exporté ses experts à l’international pour ce virus.
• Traitement et Vaccin : L’intervenant précise que le vaccin et les traitements actuels existants en RDC étaient conçus pour la souche Zaïre. Cependant, l’absence de vaccin spécifique immédiat n’empêche pas de stopper l’épidémie (les 15 premières épidémies ont été maîtrisées sans vaccin) grâce aux traitements de support et à l’isolement.
• Règles d’or édictées :
1. Éviter les contacts : Le virus ne se transmet pas par l’air, mais par les fluides corporels.
2. Enterrements sécurisés : Interdiction de toucher les dépouilles des défunts, qui sont extrêmement contagieuses. Ce sont les équipes de la Croix-Rouge/Riposte qui s’en chargent.
3. Consommation de viande : Éviter de consommer de la viande de brousse (animaux morts ou trouvés dans la forêt) et bien cuire les aliments.
4. Alerte précoce : Se rendre au centre de santé dès les premiers symptômes (fièvre).
5. Contexte politique et sécuritaire
• Une réunion de crise s’est tenue à la Présidence de la République.
• Le gouvernement assure que la riposte médicale sera déployée partout, y compris dans les zones de santé actuellement « sous occupation » (faisant référence à l’insécurité à l’Est de la RDC), afin de soigner tous les compatriotes. Des points d’information réguliers et transparents seront faits à la télévision nationale (RTNC).
Sakola.info



