Le député national Alidos Tshitoko a déclaré qu’il ne se prononcera pas sur une éventuelle révision de la Constitution de la République démocratique du Congo sans avoir, au préalable, consulté les populations de sa circonscription électorale.
S’exprimant ce lundi 22 juin 2026 lors d’une conférence de presse retransmise sur plusieurs stations de radio de Tshimbulu depuis Kinshasa, l’élu a souligné que toute prise de position sur une question aussi fondamentale devait être précédée d’un large processus de consultation des citoyens qui lui ont accordé leur confiance.
« Si aujourd’hui je porte le titre de député national, c’est grâce au mandat que m’a confié ma communauté à travers les urnes. Je ne peux donc pas m’exprimer sur une question aussi importante sans avoir recueilli l’avis de ceux que je représente « , a-t-il affirmé.
Pour Alidos Tshitoko, la constitution représente bien plus qu’un simple texte législatif. Il la considère comme le socle de l’État et le fondement de la cohésion nationale, estimant que toute initiative visant à la modifier doit impérativement s’appuyer sur une démarche inclusive.
« La loi fondamentale n’est pas une loi ordinaire. Elle constitue la base de notre organisation nationale et engage l’avenir de tous les Congolais. Une telle question exige une consultation approfondie de la population « , a-t-il soutenu.
Il a annoncé son intention de retourner dans sa base électorale afin d’échanger avec les différentes composantes de la société. Jeunes, femmes, agriculteurs, commerçants, leaders communautaires ainsi que les organisations de la société civile seront associés à cette démarche avant qu’il ne rende publique sa position.
Évoquant le cadre légal relatif à une éventuelle révision constitutionnelle, Alidos Tshitoko a rappelé que l’initiative peut provenir du Président de la République, du Gouvernement, des deux chambres du Parlement ou encore d’une pétition citoyenne réunissant au moins 100 000 signatures.
« À ce jour, aucune proposition formelle n’a encore été soumise à l’Assemblée nationale. Il n’y a donc pas lieu de précipiter le débat. Nous devons attendre qu’un texte soit présenté conformément aux dispositions légales « , a-t-il indiqué.

Au cours de son intervention, le député national a également réagi à la récente prise de position de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) sur la question constitutionnelle. Selon lui, les responsables ecclésiastiques auraient gagné à mener des consultations au sein de leurs juridictions respectives avant d’adopter une position commune.
« Chaque évêque devrait consulter les prêtres, les religieux, les laïcs ainsi que l’ensemble des composantes de son diocèse avant de se prononcer. Une telle démarche renforcerait la légitimité de toute déclaration « , a-t-il estimé.
L’élu considère qu’aucune institution ni personnalité publique ne devrait s’exprimer au nom d’une communauté sans avoir préalablement recueilli les avis de ses membres.
Réaffirmant son attachement au principe de représentativité, Alidos Tshitoko a assuré qu’il ne défendra ni une position personnelle ni une opinion détachée des préoccupations de sa base.
« Je retournerai auprès de la population. Lorsque les jeunes, les femmes et toutes les forces vives de ma communauté auront exprimé leur volonté, je reviendrai avec une position claire sur cette question « , a-t-il conclu.
Signalons que, cette déclaration intervient dans un contexte marqué par l’intensification du débat sur l’avenir de la constitution congolaise, ou un sujet qui continue de susciter de nombreuses réactions au sein de la classe politique, des confessions religieuses et de l’opinion publique.
Jonas Ngondo



