Son nom est rarement cité dans les manuels d’histoire, mais son parcours est une leçon de patriotisme, de bravoure et de résilience. Marie Biuma, première femme parachutiste de l’armée congolaise, est aujourd’hui la dernière survivante d’un groupe de 22 pionniers formés dans les années soixante.
Une vie suspendue à plus de 6 000 mètres d’altitude
Dans un Congo tout juste indépendant, au lendemain de la colonisation, Marie Biuma faisait figure d’exception. À une époque où les femmes étaient cantonnées aux rôles domestiques ou infirmiers, elle choisit les airs et le risque : elle saute en parachute, comme ses collègues masculins, dans des conditions extrêmes. Avec ses 21 camarades, elle est formée pour des vols à plus de 6 000 km d’altitude, ce qui en fait l’un des premiers groupes de parachutistes militaires de la République.
Au sein de cette promotion historique, elle est la seule femme. La seule à défier le vent, la peur et les normes sociales. « Je me souviens encore du bruit dans l’avion avant les sauts, du silence en chute libre, et du choc du sol », confie-t-elle, regard perdu mais voix ferme. Chaque saut était un acte d’engagement, chaque mission une offrande silencieuse à la patrie naissante.

Des décennies de silence
Mais après le tumulte des premières années post-indépendance, l’histoire de Marie Biuma s’est effacée des radars. La soldate, décorée à l’époque, a vécu dans l’ombre pendant plusieurs décennies. Sans reconnaissance publique, sans pension décente, souvent dans la précarité, elle a porté seule le poids d’un parcours que peu auraient osé emprunter.
Ce n’est que récemment qu’elle a lancé un appel au Président Félix Tshisekedi, implorant que son service au pays ne tombe pas dans l’oubli. Sa voix a enfin été entendue.
C’est le samedi 5 juillet 2025 que Me Guy Kabombo Muadiamvita, Vice-Premier Ministre chargé de la Défense nationale, a frappé à la porte de cette légende oubliée. Dans sa maison modeste, loin des projecteurs, il est venu écouter, témoigner et promettre.
Le geste est fort, mais il reste encore à être traduit en mesures concrètes : reconnaissance officielle, appui social, voire inclusion de son histoire dans la mémoire collective nationale.
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