Dans une déclaration publiée ce jeudi 20 novembre , le député honoraire Promesse Matofali Yonama a dénoncé ce qu’il qualifie de « complicité morale » des leaders de la communauté Nande face aux massacres récurrents visant les populations de Beni, de l’Ituri, du Lubero et, plus récemment, de Bafwasende. Selon lui, les élites politiques, sociales et économiques de cette communauté auraient failli à leur devoir de protection collective.
L’ancien élu rappelle que, sous les règnes successifs de Joseph Kabila et de Félix Tshisekedi, les prises de position des leaders Nande ont été marquées par des divisions profondes et des accusations contradictoires. Il cite notamment l’ex-ministre Julien Paluku, qui avait imputé la responsabilité des violences à Mbusa Nyamwisi lorsqu’il était gouverneur, tandis que d’autres affirmaient que les jeunes de Beni s’entretuaient.
Promesse Matofali regrette qu’aucune stratégie commune n’ait été définie par la communauté pour proposer une solution cohérente aux autorités nationales. C’est dans ce contexte, dit-il, qu’une table ronde réunissant leaders politiques, religieux, sociaux et économiques avait été initiée en 2021. L’objectif était d’harmoniser les analyses et de dégager une position unifiée. L’initiative, selon lui, a été sabotée : « Personne n’est venue, sous prétexte que cela venait d’un ‘petit’. »

L’ancien député affirme également avoir proposé au Président Tshisekedi une stratégie de défense communautaire, consistant à identifier et former rapidement de jeunes volontaires dans les zones les plus touchées afin de permettre à la population de contribuer à l’effort de sécurité. Cette proposition n’avait pas été examinée, précise-t-il, certains préférant « s’attaquer à l’idée plutôt que de l’enrichir ».
Pour Promesse Matofali, cette inertie serait le résultat d’un « esprit d’ego » et d’une recherche prioritaire des avantages individuels, au détriment de l’intérêt collectif. Il dénonce également le silence observé tant par le régime en place que par plusieurs leaders Nande établis à Kinshasa, alors que les massacres se poursuivent dans le territoire de Lubero depuis le 10 novembre 2025.
Il conclut en affirmant qu’il continuera de dénoncer ces dysfonctionnements, malgré l’isolement dans lequel ses prises de position pourraient le placer :
« Nous ne cesserons de hausser la voix. Même si nous restons seuls, la vérité finira par triompher. »
Mérite BAHOGWERHE JEAN PAUL



