Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 20 novembre à Goma, le Mouvement du 23 Mars (M23) a livré une présentation approfondie de l’accord-cadre signé le 15 novembre 2025 à Doha entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23). Le mouvement a affirmé que le texte ne se limite pas à la cessation des hostilités, mais prévoit également la neutralisation de l’ensemble des groupes armés locaux et étrangers opérant en République démocratique du Congo.
Selon les responsables de l’AFC-M23, cet accord engage les parties à désarmer tous les groupes actifs dans les zones de conflit, y compris les FDLR, les ADF, mais aussi les milices d’autodéfense Wazalendo. Le mouvement insiste sur le fait qu’il s’agit d’un cadre global visant la restauration durable de la sécurité sur tout le territoire national.
La rencontre avec la presse, animée par le Secrétaire permanent de l’AFC/M23, Benjamin Mbonimpa, avait pour objectif principal de mettre fin aux intoxications entourant le contenu de l’accord et d’éclairer l’opinion. Aux côtés de Mbonimpa se trouvaient les négociateurs Me Jean-Paul Shaka, Me Yannick Tshisola et Jean-Py Omokoko Alumba, tous impliqués dans les discussions de Doha.

Benjamin Mbonimpa a rappelé que l’AFC/M23 est partie prenante officielle du processus, au même titre que le gouvernement de Kinshasa.
« Cet accord-cadre n’est pas un simple document. Il définit le cadre, les matières et le champ d’application de notre engagement commun. »
Les responsables du mouvement ont détaillé les responsabilités désormais partagées avec le gouvernement congolais, notamment :la lutte conjointe contre tous les groupes armés locaux, régionaux et étrangers ;la mise en œuvre de réformes politiques et institutionnelles ;le retour sécurisé des réfugiés ;la recherche de la vérité sur les causes profondes du conflit ;la réconciliation nationale ;et l’établissement d’une justice équitable, dépourvue de manipulation politique.
Le Secrétaire permanent s’est montré particulièrement ferme quant à l’engagement du mouvement : « C’est nous qui irons à Kinshasa pour restaurer l’autorité de l’État dans tout le pays. »
L’AFC/M23 présente l’accord de Doha comme une rupture avec une longue tradition d’accords non appliqués, de promesses non tenues et de militarisation sans vision politique. Pour les responsables du mouvement, les gouvernements successifs ont privilégié la manipulation et la stigmatisation au détriment de solutions politiques durables.
Doha représenterait, selon eux, la première initiative structurée comprenant :un calendrier ;des engagements mutuels ;des mécanismes conjoints de mise en œuvre ;et une transparence assumée vis-à-vis de l’opinion publique.
Les huit chapitres de l’accord-cadre de Doha (version pédagogique)
Désescalade militaire et sécurité
Retrait progressif, mécanismes conjoints, fin des provocations,Retour organisé des populations déplacées
Garanties sécuritaires, gestion humanitaire, reconstruction communautaire,Intégration politique et réformes institutionnelles
Représentativité accrue des territoires marginalisés,Justice transitionnelle et réparations
Enquêtes crédibles, vérité, reconnaissance des victimes.
Réformes économiques dans les territoires libérés
Gestion transparente, infrastructures de base, développement local.
Réconciliation nationale et cohésion sociale
Éducation à la paix, dialogue communautaire, citoyenneté,Garanties internationales
Comités mixtes, arbitres extérieurs, calendrier public,Mécanismes de suivi et commissions techniques
Traduction opérationnelle des engagements, agendas d’exécution,un travail de sensibilisation en cours.
Benjamin Mbonimpa a souligné que l’accord de Doha ne sera opérationnel que si la population en comprend la portée : « Un accord ne vit que s’il est expliqué, compris et accepté. »
Signalons qu’il a annoncé que des commissions techniques seront chargées de traduire les engagements politiques en mesures pratiques, afin de conduire au futur Accord global de paix.
Mérite BAHOGWERHE JEAN PAUL



