Des rumeurs persistantes faisant état de disparitions mystérieuses d’organes génitaux continuent d’alimenter la psychose dans plusieurs provinces du pays. Depuis plusieurs mois, ces allégations suscitent une vive inquiétude au sein des populations et ont déjà conduit à plusieurs cas de justice populaire.
Face à cette situation préoccupante, le député national élu de la ville d’Uvira, Claude Misare, a adressé une question orale sans débat au vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, afin d’éclairer l’opinion publique sur ces incidents signalés dans différentes provinces.
Selon l’élu d’Uvira, plusieurs incidents liés à ce phénomène ont été rapportés notamment dans les provinces du Maniema, du Tanganyika et du Sud-Kivu, ainsi que dans certaines villes du Lualaba et de Lubumbashi. Dans certains cas, des personnes soupçonnées d’être à l’origine de ces disparitions auraient été victimes de lynchage ou brûlées vives par des populations en colère.
Le député souligne que plusieurs arrestations ont déjà été opérées dans certaines localités. Toutefois, explique-t-il, des vérifications menées par les autorités auraient parfois révélé que les présumées victimes n’avaient en réalité subi aucune disparition d’organes, ce qui renforce le caractère mystérieux et controversé de ces accusations.

« Ce phénomène crée une véritable psychose au sein de la population. Certaines personnes n’osent plus se déplacer librement et adoptent des pratiques de protection inspirées de croyances populaires. En tant qu’élu du peuple, j’estime qu’il est de mon devoir d’interpeller le gouvernement afin qu’il fasse toute la lumière sur cette situation », a déclaré Claude Misare.
Pour le parlementaire, l’absence d’informations claires et d’explications officielles risque d’exposer davantage d’innocents à la vindicte populaire. Il redoute notamment que des citoyens soient injustement accusés et victimes de violences collectives.
« Des innocents risquent d’être arrêtés ou même tués simplement parce qu’ils se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment. Une personne quittant le marché, l’église ou l’école peut être désignée à tort comme suspecte et subir les conséquences d’une accusation infondée », a-t-il déploré.
Dans sa démarche parlementaire, Claude Misare affirme avoir adressé trois questions principales au vice-Premier ministre de l’Intérieur. Il souhaite notamment savoir si des enquêtes ont déjà été ouvertes sur ce phénomène, si les autorités ont identifié d’éventuels auteurs ou instigateurs de ces rumeurs, et quelles mesures le gouvernement entend prendre pour prévenir de nouveaux incidents.
L’élu insiste également sur la nécessité de sanctionner sévèrement toute personne reconnue coupable d’avoir semé la panique ou provoqué des violences au sein de la population.
Par ailleurs, il met en garde contre l’extension possible de cette psychose à d’autres provinces du pays, y compris dans les grandes villes comme Kinshasa, où une telle situation pourrait entraîner des conséquences particulièrement graves.
La population est ainsi appelée au calme et invitée à privilégier la vérification des informations avant toute réaction. Les citoyens sont également encouragés à signaler tout incident aux autorités compétentes plutôt que de recourir à la justice populaire.
Mérite BAHOGWERHE JEAN-PAUL



