Plus de cinq mille (5000) combattants des groupes armés ont été démobilisés en République démocratique du Congo. Ces chiffres ont été donnés par le Coordonnateur du Programme National de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) lors d’un briefing presse organisé lundi dans la soirée à Kinshasa.

Aux côtés du ministre de la communication et médias Patrick Muyaya, le Professeur Jean de Dieu Désiré Ntanga a précisé que ces ex-combattants viennent des provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri et de la périphérie de Kinshasa touchée aussi par le phénomène Mobondo.
Le désarmement concerne également les processus de Doha et de Washington.
Depuis plusieurs années, la République démocratique du Congo est le théâtre de plus d’une centaine de groupes armés. Ils sont essentiellement installés dans les provinces de l’Est du pays où ils sèment la mort, la désolation, le chaos.
Pour mettre fin à ce problème récurrent, le Programme National de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) a été créé par ordonnance présidentielle, le 4 juillet 2021.
Lors d’un briefing presse tenu à Kinshasa, lundi dans la soirée, le coordonnateur national de cette structure a révélé que plus de 5000 combattants ont été démobilisés l’année dernière et en début de l’année en cours.

« Les 5000 comme je le disais, ils ont été identifiés et désarmés, démobilisés puis réinsérés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu. Dans la province de l’Ituri, on a 1546 clients qui ont été traités au cours de l’année passée et dans le Nord-Kivu il y a 838 démobilisés. Dans la province du Tanganyika qui a pour capitale Kalemie 653 clients. Et dernièrement, comme je le disais, à la frontière entre la ville de Kinshasa et le Maindombe, on a traité 151 clients. Donc au total, ça nous a donné 3188 démobilisés pour l’année. Mais les données ont évolué.»
Le P-DDRCS ne se limite pas qu’à démobiliser les combattants issus de différents groupés armés. Ce programme gouvernemental récupère également les armes et les munitions. A ce stade du processus, l’expertise de l’armée congolaise est mise à contribution.

« Le désarmement ne se fait pas seulement au niveau de P-DDRCS. Nous traçons les armes dans la base des données, mais ces armes sont vérifiées, inspectées et stockées par les FARDC. Et, il y a un travail de traçabilité qui est en cours pour arriver à certifier toutes les armes qui ont été identifiés. Et, donc si vous revenez vous verrez nous sommes presque à 1000 armes. Donc, on était à 900 et quelques armes qui étaient certifiées et stockées dans les entrepôts des FARDC. Et le travail se poursuit pour la certification et l’inspection de ces armes. Au-delà de ça, on a collecté au moins 5000 munitions de différents calibres, 40 explosifs et plusieurs effets militaires et des armes traditionnelles.»
Pour atteindre le maximum des combattants, le P-DDRCS s’appuie sur les relais communautaires. Il recourt à cette méthode d’autant plus que ces combattants ne viennent pas des milieux isolés. Cette approche communautaire a déjà donné quelques résultats encourageants.
«Notre approche, c’est essentiellement une approche communautaire. Parce que le P-DDRCS travaille dans les communautés, pour les communautés et avec les communautés. Et on ne fait rien sans les communautés. Et lorsqu’on parle de travail que l’on fait dans les communautés, il faut voir aussi le rôle que les femmes, que les jeunes, que les leaders traditionnels jouent au niveau de nos zones d’interventions pour sensibiliser. Parce qu’aujourd’hui c’est très clair de comprendre que toutes les dynamiques des conflits se sont entre liées. Et donc c’est difficile de dissocier le rôle de tous ces acteurs que je viens de vous citer. Et ce que nous faisons, on implique ces personnes qui sont au fait membres qui se retrouvent dans nos CCFAP et qui reçoivent le message du programme, on les forme, on leur fait comprendre le contenu de la stratégie nationale et le bien fondé du processus de désarmement. Ce sont ces membres des communautés, ce sont ces leaders communautaires, ces leaders religieux qui passent maintenant de village en village pour sensibiliser en général leurs propres enfants.»

Les rebelles de l’AFC/M23 qui occupent de nombreuses localités dans les provinces du Nord et Sud-Kivu avec le soutien du Rwanda, ne sont pas exempts du P-DDRCS. Les processus de Doha et Washington ont intégré cet aspect comme en témoigne le porte-parole du gouvernement.
«Et la paix que nous voulons durable et définitive passe aussi par le désarmement et la démobilisation de ceux qui ont choisi le métier des armes aujourd’hui pour diverses raisons, pour qu’ils puissent se convertir à autre chose, y compris dans le cadre des processus en cours, notamment à Washington comme à Doha, les combattants qui en seront issus, beaucoup devront être réinsérés. Et puis, n’oubliez pas que nous disposons d’une autre branche qu’on appelle la réserve armée de défense qui pourra voir ceux qui pourront servir de réservoir.»
Avec plus de trois décennies de guerre dans sa partie orientale, le P-DDRCS n’est pas le premier programme de désarmement qu’a eu la RDC. Elle en a déjà eu notamment la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion, CONADER créée en décembre 2003. Ces programmes sont souvent butés à des problèmes financiers qui les empêchent d’être efficaces.
Sakola.info


