À l’occasion de la Journée mondiale de la ménopause, célébrée le 18 octobre, la coordonnatrice nationale du Réseau des Femmes Ménopausées d’Afrique en RDC (RFMA-RDC), Hélène Bukumba Mwamba, appelle à briser les tabous entourant cette étape naturelle de la vie féminine. Elle plaide pour une meilleure prise en charge médicale, psychologique et sociale des femmes concernées, ainsi que pour la création d’un centre spécialisé en République démocratique du Congo.
La ménopause reste une étape de la vie féminine entourée de silences, de préjugés et de nombreuses incompréhensions. Pourtant, ses conséquences sur la santé physique et le bien-être psychologique des femmes nécessitent une attention particulière, tant de la part des familles que des professionnels de santé et des pouvoirs publics.C’est dans cette perspective qu’Hélène Bukumba Mwamba, coordonnatrice nationale du Réseau des Femmes Ménopausées d’Afrique en RDC (RFMA-RDC), a réaffirmé son engagement en faveur des droits, de la dignité et de la santé des femmes ménopausées, à l’occasion de la Journée mondiale de la ménopause, célébrée le dimanche 18 octobre 2026 à Kinshasa.

Intervenant lors d’une activité organisée dans le cadre d’une double célébration consacrée à Octobre Rose et à la Journée mondiale de la ménopause, elle a insisté sur la nécessité de faire évoluer les perceptions sociales autour de cette période de la vie. Pour elle, la ménopause ne doit ni être une source de honte ni devenir un motif d’exclusion ou de stigmatisation, mais plutôt une question de santé et de solidarité qui mérite une attention collective.Briser les tabous et replacer les femmes au centre des préoccupations
Au-delà de sa dimension biologique, la ménopause peut s’accompagner de changements physiques et émotionnels susceptibles d’affecter la qualité de vie des femmes. Toutefois, le manque d’information, les idées reçues et les difficultés d’accès aux soins peuvent compliquer cette transition.
Face à cette réalité, Hélène Bukumba Mwamba défend une approche fondée sur la sensibilisation, l’écoute et l’accompagnement.Son plaidoyer vise notamment à encourager les femmes à s’informer sur les changements liés à la ménopause et à consulter des professionnels de santé lorsque cela est nécessaire.
« Le silence ne soigne pas, les préjugés ne protègent pas « , a-t-elle rappelé, résumant ainsi le sens de son engagement. Cette déclaration met en lumière l’importance de libérer la parole autour de la ménopause afin de permettre aux femmes de vivre cette étape dans des conditions respectueuses de leur dignité et de leur santé.
Pour la responsable du RFMA-RDC, la mobilisation doit dépasser le cadre des célébrations ponctuelles. Elle appelle à une prise de conscience durable impliquant les autorités publiques, les structures sanitaires, les familles ainsi que les partenaires nationaux et internationaux.
Le RFMA-RDC veut renforcer l’accompagnement des femmes
Présent dans six provinces de la République démocratique du Congo, le Réseau des Femmes Ménopausées d’Afrique en RDC poursuit ses actions de plaidoyer en faveur d’une meilleure connaissance de la ménopause et d’un accompagnement adapté aux besoins des femmes concernées.
Son approche repose notamment sur la sensibilisation et la promotion d’une prise en charge médicale, psychologique et sociale. L’objectif est de contribuer à une meilleure compréhension de cette étape de la vie, tout en favorisant un environnement dans lequel les femmes peuvent exprimer leurs préoccupations et accéder aux conseils et aux soins appropriés.
Dans cette dynamique, le réseau sollicite l’appui des pouvoirs publics pour la création d’un centre de consultations et d’accompagnement médical destiné aux femmes ménopausées. Cette structure permettrait de renforcer les possibilités d’orientation et de suivi des femmes concernées, tout en contribuant à une meilleure prise en compte de leurs besoins spécifiques.

La concrétisation de cette initiative nécessiterait toutefois une mobilisation concertée des autorités sanitaires et des partenaires susceptibles de soutenir le projet. Pour le réseau, l’enjeu est de faire progresser la reconnaissance des besoins des femmes ménopausées et de favoriser leur accès à un accompagnement approprié.
Au cours de cette rencontre, Hélène Bukumba Mwamba est également revenue sur une étape importante de l’histoire du réseau : la première célébration de la Journée mondiale de la ménopause en RDC, organisée le 18 octobre 2025 à l’Immeuble du Gouvernement, sous l’égide de Micheline Ombae, alors ministre du Genre, Famille et Enfants.Elle a, à cette occasion, rendu hommage à la présidente fondatrice du RFMA-RDC, la docteure Bijoux Moembo Madeleine, saluant sa vision et son engagement en faveur des femmes ménopausées.
Cet hommage souligne la volonté du réseau de poursuivre le travail engagé pour faire connaître les réalités de la ménopause et promouvoir une meilleure reconnaissance des femmes qui traversent cette période.
Signalons qu’à travers son plaidoyer, Hélène Bukumba Mwamba entend contribuer à faire évoluer le regard porté sur la ménopause en République démocratique du Congo. Son message s’adresse aussi bien aux décideurs qu’aux professionnels de santé et à la société dans son ensemble : l’information, la prévention et l’accompagnement doivent prendre le pas sur les préjugés.
En associant cette mobilisation à Octobre Rose, la rencontre du 18 octobre à Kinshasa a également permis de rappeler l’importance de la sensibilisation aux questions de santé féminine. Si la ménopause et les cancers du sein constituent des sujets distincts, leur mise en lumière dans un même cadre offre l’occasion d’encourager le dialogue sur les besoins sanitaires des femmes.
Pour Hélène Bukumba Mwamba et le RFMA-RDC, l’enjeu est désormais de transformer les messages de sensibilisation en actions concrètes, notamment par un soutien institutionnel accru et le développement de dispositifs d’accompagnement adaptés.Car, au-delà des discours, la reconnaissance de la ménopause comme une étape naturelle de la vie passe aussi par l’accès à l’information, à des soins appropriés et à un environnement social respectueux. Une exigence qui place la dignité des femmes au cœur du combat porté par le réseau.
Jonas NGONDO



