Le Consortium international pour les droits de l’homme au Congo (CIDHC) a présenté, ce jeudi 9 avril à Goma, un rapport accablant sur les violences survenues à Gali, dans le territoire de Djugu, en Ituri. L’organisation dénonce des massacres de civils, des enlèvements ainsi que des destructions massives, et interpelle le silence des autorités congolaises tout en appelant la communauté internationale à réagir.
Selon ce rapport, basé sur des enquêtes menées entre le 14 et le 30 mars 2026, au moins 21 personnes ont été tuées lors d’attaques visant des déplacés de guerre dans la localité de Gali.
« Au-delà des chiffres, ce sont des familles détruites, des communautés traumatisées et un peuple profondément blessé « , souligne le CIDHC.
Les faits remontent notamment au 13 mars 2026, lorsque des hommes armés ont attaqué des civils déjà fragilisés par les conflits. Femmes, enfants et personnes âgées figurent parmi les victimes. Des habitations ont été incendiées et des biens pillés, plongeant les survivants dans une situation de détresse extrême.
Le rapport évoque également un ciblage ethnique, indiquant que la communauté Hema aurait été particulièrement visée. Le CIDHC qualifie ces actes de « crimes contre l’humanité » au regard du droit international.
Par ailleurs, l’organisation pointe une absence d’intervention effective des forces de sécurité au moment des attaques. Des témoignages recueillis sur le terrain évoquent même une possible implication ou complicité de certains éléments des forces armées, des accusations qui, si elles sont confirmées, traduiraient une grave défaillance de l’État.
Le document fait aussi état de l’existence de réseaux de trafic d’armes impliquant des acteurs civils et militaires, contribuant à alimenter les groupes armés actifs dans la région.
Face à cette situation, le CIDHC appelle les autorités de la République démocratique du Congo à ouvrir une enquête indépendante, crédible et transparente, à poursuivre tous les responsables, y compris au sein des forces régulières, et à garantir la protection effective des populations civiles.
L’organisation appelle également la communauté internationale, notamment les Nations Unies, à diligenter une enquête internationale indépendante, à envisager des sanctions ciblées contre les auteurs présumés et à renforcer les mécanismes de protection des civils.
« Le silence, l’inaction et l’impunité constituent une seconde violence faite aux victimes « , insiste le CIDHC, qui affirme sa détermination à poursuivre ses efforts de documentation et de plaidoyer jusqu’à ce que justice soit rendue.
Mérite BAHOGWERHE JEAN-PAUL



