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Accueil » Marie-France IDIKAYI : « Dans la communication soit vous réagissez soit vous répondez »
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Marie-France IDIKAYI : « Dans la communication soit vous réagissez soit vous répondez »

Patrick LakweBy Patrick Lakwe1 avril 2019Aucun commentaire0 Views
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Je suis Marie-France Idikayi, je suis en ce jour la conseillère principale en Communication et relations publiques du Président de la Commission Électorale Nationale et Indépendante. 

À cœur ouvert, l’initiatrice de Congo Fashion Week, s’est exprimée sur sa passion de toujours bien communiquer qu’elle soit en politique ou en mode, le souci de communiquer n’a fait que lié ces trois grandes aspirations. Elle parle de sa vision du Congo nouveau.

Sakola.info : Marie-France est qui ? D’où est venue votre envie de faire la communication, la mode et aujourd’hui la politique ?

Marie –France IDIKAYI : En fait, on dit toujours qu’on devient ce que l’on pense, nous devons nous assurer que nos pensées sont en ordre.  Nous avons aussi besoin de la force intérieure parce qu’elle nous garantit une stabilité quand l’extérieur ne s’aligne pas avec nos pensées. C’est une force qu’on ne devra pas négliger.

Quand je grandissais, j’ai toujours eu une passion pour la mode. Et je me disais, j’allais être trois choses : Je voulais être avocate, Journaliste/Communicatrice et Je voulais également être Fashion designer, Styliste-modéliste. Je peux dire que j’ai touché à ces trois choses ; je ne suis pas restée dans la profession de droit, mais au moins dans les deux, la communication et la mode, j’ai mes pieds trempés dedans.

J’ai commencé par l’Ifasic et en licence à l’époque, j’avais choisi l’option Communication et relations publiques. J’avais une passion pour les relations publiques, je me disais que c’est ça la fondation même de la communication parce que le journalisme vient rapporter le fait, mais la communication donne un fond aux faits et change l’image soit d’une personne, soit d’une institution. J’ai toujours été attiré par la Communication puisque tout ce que l’on fait aujourd’hui touche à la Communication. On peut être l’homme le plus influent mais qui connaîtra cette influence si on ne la fait pas connaitre ? Si on n’a pas une stratégie précise pour la faire connaître ? Tout tourne autour de la Communication.

Pour ce qui est de ma passion pour la mode, je me dis que c’est une autre puissance qui est cachée. S’habiller tous les jours est une nécessité, ceci devient donc un secteur dans lequel des personnes averties peuvent s’investir afin de se créer une autonomie financière. C’est un métier où on peut être apprendre sur le tas, on peut se décider de créer sa propre marque et exceller, ou encore devenir revendeur des collections.

Sakola.info : Devenir conseiller en communication du président de la Ceni, un monde politique, est-ce un abandon du monde de la mode ?

Marie –France IDIKAYI : Le Chemin Politique m’a toujours hanté. Je ne peux pas ne pas penser politique, c’est plus fort que moi. Je pense qu’on peut voir des personnes qui sont dans la Politique qui, de l’autre Côté sont membres d’honneur ou dans le management des équipes de football, ce n’est donc pas incompatible. La Politique c’est là où mon cœur se trouve, la Mode c’est aussi là où mon Cœur se trouve mais au second degré. Je ne m’en écarterai pas parce que les deux ne sont pas incompatibles.

J’ai toujours été dans les couloirs de la Politique mais dans l’anonymat. Ma toute première fonction politique est celle à côté du Président Corneille Nangaa où je suis sortie publiquement. J’ai toujours conseillé les personnes politiques mais ce n’était pas dans un job.

Après un moment donné, je pense qu’il y a beaucoup de moyens pour arriver à asseoir sa notoriété. Congo Fashion Week m’a fait connaître, c’est vrai, mais j’ai acquis beaucoup de notoriété avec ma fonction à la CENI parce que le monde entier attendait les élections en RDC.

 J’ai, tout au début, travaillé à la télé : chez AA, Raga, CMB, avant de m’installer en Europe ; Mais je n’étais pas autant connu que quand j’ai commencé mon événement de la Mode. Quand il a commencé, c’est vrai j’ai eu un grand sponsoring à Brazzaville avec ma Tante, mais à Kinshasa j’ai aussi eu un grand Sponsoring avec l’inauguration du Fleuve Congo Hôtel qui a financé le Premier événement ici à Kinshasa parce que ça coïncidait avec son inauguration, ils ont tout pris en charge et m’ont recommandé quelques sponsors.

Congo Fashion Week : Après l’année qui a suivi il fallait se battre pour se maintenir, et ce sont mes compétences en Communication qui ont aidé à maintenir l’événement parce que l’événement donnait l’image d’un projet avec un budget costaud alors que nous n’avions pas ce genre de budget.

Avec la stratégie de communication adoptée, j’ai su montrer à l’opinion nationale et internationale notre vision et nos actions à moindre coût et c’est ça qui a fait que l’événement puisse avoir une renommée malgré les difficultés financières auxquelles nous avions fait face parce que chaque année il fallait trouver les Sponsors, et certains de ces sponsors qui vous abandonnent à deux semaines ou à une semaine de l’événement, tu te dis mais comment est-ce que je vais combler ce déficit ? Ce n’était pas évident, et je n’habitais pas Kinshasa, il fallait revenir, faire des acrobaties, parfois je repartais en Europe, fallait envoyer l’argent pour combler les vides. Fallait faire des heures supplémentaires pour payer, bref c’est juste une histoire de passion. C’est de cette Passion qu’est venue la notoriété… 

Sakola.info : S’il faut comparer la communication de la mode en RDC et d’autres pays, qu’elle serait ta position ?

Marie-France IDIKAYI : On va comparer okay…La RDC est connue comme le Pays de la Sape. Le concept a, peut-être, été mal exploité, mais il est en train d’être réorienté petit à petit avec notre événement depuis 2012. Quand nous étions reconnus comme pays de la sape, le congolais que nous sommes devait s’habiller en mode japonaise, italienne ou française parce que c’était l’initiative de Stervos Niarcos à l’époque suivi de Papa Wemba, etc. On sait que le Congolais aime s’habiller, le Congolais aime le vêtement. Comment sommes-nous arrivés sur la scène internationale sous ce label mais avec ce qui ne ressort pas de chez nous ? C’était le souci qui a amené à la création Congo Fashion Week parce qu’il fallait commencer à promouvoir le talent local, il fallait mettre un accent particulier sur la promotion de la mode « Made in Congo ».

Ça nous a bien pris du temps de parler de la Mode sans une plateforme commune pouvant réunir tous les acteurs de ce secteur, il nous manquait cette base. Congo Fashion Week a créé ce dominateur Commun. Les événements de Mode ont commencé à avoir de l’ampleur, pour preuve à notre Première édition, THE GUARDIAN, le journal populaire de l’Angleterre a écrit : « ENFIN, UNE FASHION WEEK AU CONGO ».

Aujourd’hui, le Congo a une référence, une Fashion Week propre à lui et les Couturiers se font de plus en plus connaître à travers le monde. Enfin, pour comparer la communication vestimentaire avant et après la création de CFW, je dirai que notre événement a favorisé le rapprochement entre notre culture et la mode actuelle car elle est beaucoup plus proches de nos origines.

Avant, il y avait une communication du genre : « Bien Habillé pour le Congolais était du style Japonais. » Avant c’était du flashy, et on n’a pas nécessairement besoin d’être Flashy pour être bien habillé. Aujourd’hui la comparaison d’avant et après, je dirai que le travail a été fait. Et chacun a mis la main dans la patte pour qu’aujourd’hui nous ayons les créateurs Congolais qui sont cités sur le plan International.

Sakola.info : est-ce que la communication politique de la RDC est bien faite ?

Marie-France IDIKAYI : OUI et NON, Une question délicate. La communication politique d’un pays est liée à sa culture et à ses antécédents. On a plus la culture du journalisme mais moins de la communication afin de se construire une image de marque globalement. Le journaliste rapporte le fait et se limite là, Mais la communication présente les faits de manière à influencer la perception des choses et à améliorer l’image de la personne ou de l’institution. C’est pour cette raison que le journalisme fera toujours partie de la communication.

Si la RDC était développée sur le plan communication, on aurait envoyé d’autres signaux à travers le monde.

C’est mon vœu le plus cher pour la RDC, que notre communication soit parmi les meilleures du monde.

Sakola.info : Du temps que vous avez passé à la Ceni, qu’avez-vous changé en Corneille Nangaa, le président de la Ceni?

Marie –France IDIKAYI : Avant, Corneille Nangaa était une personne qui ne se préoccupait pasde sa communication alors que le poste qu’il occupe demande une communication permanente. Il tenait à répondre par le travail, il se disait qu’il ne peut pas forcer les gens à l’aimer mais il obtiendra considération si le travail est bien fait.  Mais, en arrivant à la Ceni, je lui ai dit que les gens doivent découvrir qui est Nangaa, qu’est-ce qu’il fait. Montrer qui est Corneille Nangaa, le travailleur, le passionné, le nationaliste, l’humain. Le numéro un de la Ceni, qui peut lui-même se rendre à la réception prendre ses visiteurs. Mon travail était de faire découvrir aux gens les réalités du travail du président de la Ceni ce qui a motivé la création des pages Facebook et Twitter pour Corneille Nangaa. Quand l’on est une personnalité, il faut accepter que ses émotions, ses actions, ses passions pour le pays soient portées sur la place publique.

Corneille Nangaa a beaucoup de points positifs mais il faut avouer qu’il y a de la mauvaise foi dans le chef de certaines personnes qui le diabolise à longueur des journées. Dans la communication il y a deux axes, soit vous réagissez, soit vous répondez. Quand vous réagissez, vous montrez combien vous ne maîtrisez pas la situation mais, nous avons répondu par le travail qui a abouti à la tenue des élections. Et nous avons eu des élections apaisées grâce à ce grand travail de communication piloté par le Président Corneille Nangaa.

Sakola.info : Est-ce que Corneille Nangaa hérite-t-il de la réputation de ses prédécesseurs ?

Marie –France IDIKAYI : Lui seul répondrait mieux à cette question

Sakola.info : Revenons à vous, comment votre travail est perçu par les membres de votre famille ?

Marie –France IDIKAYI : Ma famille pense que je suis trop engagée avec la Ceni. Je n’avais plus le temps pour les rencontres familiale, amicales, des personnes chères, etc. Un moment donné, il faut savoir que quand on est au service de la nation, on n’appartient plus à sa famille. Ma famille est très fière de mon travail à la Ceni. J’aime beaucoup ma famille mais j’appartiens au Congo.

Sakola.info : en termes de balance, Fashion week – Ceni, qu’est-ce qui pèse plus ?

Marie –France IDIKAYI : Je ne sais pas les comparer, les deux secteurs sont différents. Ils sont tous deux importants pour la RDC. Fashion Week est l’image de la RDC dans le monde d’un point de vue culturel et la Ceni, c’est l’image de la RDC d’un point de vue politique. La politique gouverne, la culture adoucit. C’est une bonne balance, les deux. Je ne gère plus directement la Fashion Week, mais je garde encore le pouvoir de la décision.

Sakola.info : Comment juges-tu la communication culturelle de la RDC ?

Marie –France IDIKAYI : La communication culturelle de la RDC se réveille petit à petit mais nous pouvons absolument faire plus. Aujourd’hui quand on parle RDC, on ne voit que la musique alors que le pays vaut beaucoup. Il faut promouvoir les talents dans toutes les provinces. La RDC a beaucoup d’inventions qui ne sont pas du tout exploitées. Nous avons des artistes de haut niveau qui peuvent vendre des œuvres à des millions de dollars. L’industrie du Cinéma n’est pas exploitée alors nous produisons des bons films. Nous avons eu la vie est belle, Viva Riva et après… ? Le Cinéma nigérian est à ce jour sur Netflix.

Nous étions une référence mais aujourd’hui nous sommes au bas de l’échelle. Nous ne répondons quasiment plus aux standards.

Quand nous ne mettons pas les standards plus hauts que nos talons, nous tombons en dessous de la moyenne.

Il y a certaines phrases qu’il faut bannir de notre langage, de notre quotidien comme : « BETA CHAUD ».

On ne peut pas Beta chaud pour construire un immeuble, les bonnes choses prennent du temps. Il faut avoir une vision à long terme. Favorisons ce qui va perdurer, Évitons la politique du ventre. La RDC n’est pas un pays en éternel reconstruction.

Il n’y a pas que les minerais qui apportent de l’argent au pays. Il y a la culture, le tourisme, l’agriculture, le cinéma et autres. Les grands événements africains sont organisés au Rwanda, en Tanzanie, en Afrique du Sud… Pourquoi pas en RDC ?

Sakola.info : trois mots pour décrire Marie-France IDIKAYI…

Marie –France IDIKAYI : Je suis nationaliste, j’aime la RDC et je me battrai pour voir mon pays reprendre sa place dans le concert des nations dans mes secteurs de prédilection.  

Aujourd’hui, nous devons avoir la compétition pour exceller et celle qui exalte la négativité, la critique non constructive.

Le congolais est prêt à descendre les autres, parce qu’il ne veut pas voir les autres briller, il préfère s’entourer des flatteurs communément appelé des « Mikala » mais en réalité « Prêtre ya solo abimisaka 20 autres prêtres ».

Le Congo d’aujourd’hui, « Bâtissons », pas seulement en immeubles mais de l’intérieur pour que nous ne soyons pas vides de sens et d’essence.

Propos recueillis par Patrick LAKWE

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