Les localités de Luke et Katobotobo, situées dans le groupement Nyamaboko 1er, secteur de Katoy, sont désormais sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23. Cette prise de position est survenue à l’issue d’affrontements armés qui ont opposé, dès les premières heures de la matinée, les rebelles aux wazalendo du groupe Nyatura. Les combats, particulièrement intenses et nourris, ont duré plus de quatre heures, selon des sources coutumières et sécuritaires locales.
Des détonations d’armes lourdes et légères ont été signalées jusque dans les groupements voisins de Waloa Yungu et Waloa Uroba, en territoire de Walikale. Un climat de panique s’est rapidement installé. Les populations locales, redoutant une escalade de la violence, ont fui leurs villages pour se réfugier dans la brousse ou vers des zones supposées plus sûres, notamment à Waloa Yungu, où certains déplacés ont été aperçus dès le début de l’après-midi.
UNE PAIX FRAGILE, UNE RÉALITÉ CONTRASTÉE
La situation actuelle jette une ombre sur les espoirs nourris par la Déclaration de principes signée à Doha, qui appelait à une cessation immédiate et permanente des hostilités entre les belligérants. Bien que cette initiative ait été saluée par plusieurs acteurs impliqués dans la quête de paix à l’est de la RDC, les faits récents sur le terrain témoignent d’une réalité plus complexe.

Le sentiment de trahison, d’incompréhension et d’inquiétude gagne les esprits des habitants de Masisi. Pour ces populations, déjà marquées par des années de conflit, chaque avancée rebelle est synonyme de déplacement, d’insécurité et de rupture du quotidien.
LES VOIX LOCALES S’ ÉLÈVENT
Sur place, les autorités coutumières ne cachent pas leur désarroi. Elles évoquent une « violation manifeste » de la Déclaration de Doha, appelant à plus de cohérence entre les engagements pris au niveau diplomatique et les actions concrètes sur le terrain. Pour elles, l’objectif reste clair : rétablir un climat de confiance, garantir la sécurité des populations et protéger la souveraineté des entités locales.
Au-delà des enjeux militaires ou géopolitiques, c’est la vie ordinaire de milliers de familles qui bascule à chaque épisode de violence. Le simple fait de vivre en paix, d’avoir un toit, de cultiver sa terre ou d’envoyer ses enfants à l’école devient un luxe inatteignable.

Luke et Katobotobo ne sont pas seulement des noms sur une carte. Ce sont des villages, des histoires, des existences. Les événements de ce 22 juillet rappellent une fois de plus l’urgence de consolider la paix de manière durable, au-delà des signatures et des déclarations. La parole donnée ne suffit pas : ce sont les actes qui garantiront l’avenir des communautés du Masisi et du Nord-Kivu tout entier.
Sakola.Info


