Le 04 décembre 2025, le président congolais, rwandais et américain signaient trois accords
à Washington devant les caméras. Le premier accord, dit de paix, entre la Rdc et le
Rwanda ; le deuxième, que l’on peut qualifier de pain, toujours entre le Rdc et le Rwanda
vise l’intégration économique régionale ; et le troisième entre la Rdc et les USA porte sur les
minerais stratégiques.

Au-delà des discours prononcés par les trois présidents qui peuvent être diplomatiques et
protocolaires, c’est-à -dire, de nature à véhiculer des mensonges et des manipulations, on
peut noter des non-dits avant, pendant et après cette cérémonie.
Dans ce genre de situation, les hommes peuvent mentir par leurs paroles, mais leurs
comportements les trahissent toujours, car ceux-ci révèlent bien mieux leurs intentions
profondes, sauf lorsqu’on a affaire avec de véritables comédiens.
Nous voulons ici nous focaliser sur le comportement des acteurs pour relever les vrais
messages qui ont été véhiculés lors de la signature de ces accords, au-delà des discours
qui peuvent être trompeurs.
Nous allons considérer trois aspects : la temporalité, la gestualité et l’espace.
I. LA TEMPORALITÉ
Trois temps revoient un message au public
TEMPS 1: AVANT LA SIGNATURE
Prévue initialement pour quelques semaines après la signature, le 27 juin 2025, par les
ministres congolais et rwandais des Affaires étrangères, la conclusion des accords n’est
finalement intervenue que le 4 décembre de la même année, soit près de six mois plus tard,
signe que les négociations ont été particulièrement ardues. Quelques jours avant cette date,
le ministre rwandais des Affaires étrangères affirmait encore qu’aucun accord ne serait
possible tant que la RDC n’aurait pas désarmé les FDLR. Cette position a mis le président
rwandais dans l’embarras vis-à-vis de ses partenaires américains, au point que Paul
Kagame a été contraint de limoger son ministre.
TEMPS 2 : LA SIGNATURE
C’est la durée de la réunion à huis clos avant la signature des accords. Prévu dans le
programme du protocole pour une trentaine de minutes, le huis clos a duré finalement plus
d’une heure, au point d’inquiéter l’assistance. Ce que les discussions n’ont pas été faciles.
TEMPS 3: APRÈS LA SIGNATURE
Le 05 décembre, au lendemain de la signature des accords de Washington, Trump a reçu,
lors de la cérémonie du tirage au sort pour la coupe du monde 2026, le tout premier prix de
la FIFA pour la paix, remis par le président Gianni Infantino, en reconnaissance de ce que la
FIFA a décrit comme ses actions exceptionnelles et extraordinaires pour la paix et l’unité,
c’est-à-dire des efforts diplomatiques visant à promouvoir la paix et l’unité internationale.
Simple coïncidence ? Est-il que cette reconnaissance met la corde au cou de Trump qui, doit
désormais s’investir pour faire aboutir les projets de paix qu’il a entrepris.
II. LA GESTUALITÉ
Le deuxième aspect des non-dits pendant cette cérémonie de signature des accords, c’est
le comportement des acteurs sur scène.
Les deux présidents congolais et rwandais, ont évité de se regarder et de se saluer. Ce qui
vient contredire leur discours et leurs signatures. Les caméras du monde braquées sur eux
attendaient de les voir se serrer les mains après les signatures, même avec un sourire forcé,
pour attester la réconciliation.
Ce qui frappait le plus dans la gestuelle durant cette cérémonie, c’était l’expression faciale
des deux présidents. Leurs visages ne laissaient en rien transparaître la paix ou la
réconciliation ; on aurait même dit qu’une explosion était proche, tant la tension semblait
palpable, comme si l’un pouvait à tout moment bondir sur l’autre. Le président Trump a
d’ailleurs tenté de détendre l’atmosphère en ironisant sur la situation, affirmant que ces deux
dirigeants “s’aiment beaucoup”.
III. L’ESPACE
Compte tenu de la circonstance, le protocole de la Maison Blanche avait placé les deux
présidents côte à côte. C’était pour éprouver les deux acteurs et les amener à se regarder
et se serrer les mains. Cela n’est pas arrivé.
Un autre aspect lié à l’espace est l’organisation même de la cérémonie, qui a révélé la
considération particulière que le président américain a accordée à ses invités. Cela tranchait
avec ses habitudes, si l’on se rappelle par exemple la manière dont il avait reçu certains
présidents africains ou chefs d’État européens, installés comme de simples élèves, ou
encore ses rencontres avec le président ukrainien Zelensky et, plus spécialement, avec le
Français Emmanuel Macron.
Cette mise en scène témoigne du fait que le président américain tient réellement à faire
aboutir ce projet de paix.
IV LES CHANCES DE LA PAIX
En définitive, alors même que les protagonistes semblaient méfiants, le président américain,
lui, est demeuré résolument optimiste. Cet état d’esprit transparaissait dans chacun de ses
gestes : dans la chaleur de son sourire, dans l’énergie de son discours, dans l’enthousiasme
qui l’animait et dans l’attention qu’il a portée à ses hôtes, bien au-delà de ce qu’il accorde
habituellement.
Plus qu’un simple exercice diplomatique, cette démarche révèle qu’il engage véritablement
sa crédibilité personnelle. Il souhaite être reconnu sur la scène internationale comme un
artisan de paix, pourquoi pas un prix Nobel de la paix,
et l’on sent qu’il s’investit avec conviction pour donner à ce projet toutes les chances
d’aboutir.
Une chronique du prof Adolphe J. VOTO



