Le Gouvernement provincial du Lualaba, en collaboration avec ses partenaires techniques et humanitaires, affirme sa pleine mobilisation pour endiguer l’épidémie, rompre la chaîne de transmission et réduire la mortalité. Les autorités insistent : l’efficacité de la riposte dépend autant de la relance urgente et durable des actions d’assainissement que de l’implication active de la population dans le respect des mesures de prévention. Cet appel à l’assainissement des rivières de Kolwezi, chef -lieu de la province du Lualaba dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC) pour la prévention des maladies, a été lancé ce jeudi 16 janvier2025 à l’Etat congolais par un spécialiste en environnement.

«Aujourd’hui, la ville de Kolwezi est confrontée à une épidémie de choléra, situation qui confirme les alertes et analyses prospectives que j’avais formulées antérieurement pour prédire le risque élevé de survenue d’une crise sanitaire en l’absence de la poursuite effective des interventions d’assainissement des cours d’eau dans la ville de Kolwezi», a signifié le Professeur Docteur Malick Muamba Tshibangu, spécialiste en environnement et assainissement.
Cette situation selon lui, met en évidence la corrélation directe entre l’interruption des actions d’assainissement environnemental et la recrudescence des maladies hydriques, soulignant l’urgence de relancer, renforcer et pérenniser les travaux de curage et de traitement des rivières comme mesure structurante de santé publique.
Le docteur Muamba a rappelé que le Secrétariat général de l’Environnement, à travers la Direction de l’Assainissement, avait amorcé des travaux de curage, de désinfection et de désinsectisation des rivières dans la province du Lualaba, précisément dans la ville de Kolwezi, dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le choléra et autres maladies hydriques, en vue de limiter leur prolifération.
Cependant, ces travaux ont été freinés puis interrompus pour des raisons non clairement identifiées, compromettant ainsi la continuité des actions préventives engagées,a -t-il précisé
Par ailleurs, M. Muamba a fait savoir que la défécation à l’air libre (FDAL) et la pollution des cours d’eau constituent des problèmes majeurs de santé publique en RDC. L’exposition aux déchets et aux eaux contaminées favorise la propagation de maladies hydriques comme le choléra, la diarrhée et d’autres infections parasitaires, touchant particulièrement les enfants et les populations vulnérables.
Face à ces défis, le programme FDAL et les interventions de curage et de traitement des rivières visent à éradiquer ces pratiques dangereuses et à restaurer la salubrité des milieux de vie, en lien avec les objectifs nationaux et internationaux de développement durable, a-t-il expliqué. La FDAL est dirigé par le Directeur chef de service de l’Assainissement lui -même le professeur docteur Muamba du ministère de l’environnement, développement durable et nouvelles économies du climat.
Une recherche doctorale sur la transformation des déchets aquatiques en énergie verte
Le spécialiste en environnement et assainissement Muamba, est auteur d’une thèse de doctorat en management et sciences économiques intitulée «Application et validation du modèle MMT pour la transformation des déchets aquatiques en énergie verte à Kinshasa : une approche de management de qualité », soutenue en 2025.
Cette recherche doctorale avait visé de concevoir et d’appliquer un modèle de valorisation des déchets aquatiques permettant à la fois le recyclage et la production d’énergie verte tout en favorisant un développement économique local inclusif.«Notre étude souligne qu’en dépit des efforts institutionnels,seule une minorité de la population bénéficie de services de collecte ou de traitement des déchets.
Par ailleurs, les zones riveraines sont particulièrement touchées.Dès lors le modèle entrepreneurial local reste encore peu développé dans le secteur de l’économie bleue, alors même qu’il pourrait régénérer des emplois, réduire la pauvreté et répondre aux Objectifs du développement durable (Odd) notamment ceux liés à l’environnement, à l’énergie propre et au travail décent», avait -il dit.
Le modèle « Malick Muamba Tshibangu » (MMT ) de management de transformation qu’il avait proposé dans cette thèse vise également à créer une synergie entre les acteurs publics, privés et communautaires à travers un système décentralisé de tri, recyclage, transformation énergétique et gestion intelligente des déchets aquatiques.
Sakola.info


