Lancés en grande pompe par le Chef de l’État, les travaux de la voirie urbaine dans la commune de Nganza sont aujourd’hui à l’arrêt. La population crie à l’abandon et au mépris.
- Lancés le 10 septembre 2022 à Nganza par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors de son premier mandat, les travaux de réhabilitation de la voirie urbaine confiés à l’entreprise Safrimex n’ont connu aucune avancée significative dans cette commune. Près de quatre ans après, le constat est amer sur le terrain.
1. Des ouvrages abandonnés et de mauvaise qualité
Les quelques caniveaux creusés et construits dès 2023, avec une lenteur dénoncée par les riverains, sont aujourd’hui laissés à l’abandon. Réalisés avec des matériaux jugés de mauvaise qualité, ces ouvrages se dégradent à vue d’œil. Les avenues concernées restent non remblayées depuis plusieurs mois, piégeant habitants et usagers dans la poussière et la boue. « La population a été dupée par cette entreprise », lâche un habitant rencontré sur l’avenue Nkonko.

2. L’avenue Nkonko, symbole du délabrement
Principale artère de la commune, l’avenue Nkonko offre un visage particulièrement piteux. Alors que les engins de Safrimex y montent et descendent quotidiennement, aucun travail de réhabilitation n’y est entrepris. Pour les habitants, ce ballet d’engins lourds ne fait qu’aggraver l’état de la chaussée et mettre en danger les « paisibles citoyens qui se déplacent avec difficulté ».
3. Un « manque de respect » envers le Chef de l’État, selon la population
Pour la population locale, le symbole est fort : abandonner les travaux dans la commune même où le Président Tshisekedi les a lancés personnellement est perçu comme un « manque de respect envers le premier citoyen de la République ». L’incompréhension est totale.

4. Une stratégie de chantier qui interroge
Autre grief des habitants : les choix de l’entreprise. Safrimex délaisserait les artères principales pour « creuser dans des avenues qui ne mènent nulle part », sans jamais achever les tronçons entamés. Résultat : la ville de Kananga se retrouve parsemée de trous béants.
« L’entreprise ne finit jamais ce qu’elle a commencé mais ne fait que s’élargir dans tous les coins et recoins de la ville , déplore un acteur de la société civile. Ces excavations abandonnées font craindre une « grande difficulté des érosions dans un futur proche », notamment avec la saison des pluies.
5. Appel à l’implication directe du Président et du Ministre des ITPR
Face à cette situation, la population de cette commune agro-pastorale de Nganza en appelle à l’« implication propre » du Président de la République, initiateur du projet, et du Ministre national des ITPR, surnommé
« le cantonier » pour son activisme sur le terrain. Les habitants réclament
« une solution palliative urgente afin de favoriser le déplacement harmonieux des usagers de la voirie communale ».
En attendant, Nganza, commune symbole du lancement des travaux, reste l’illustration d’un chantier à l’arrêt et d’une population qui se sent oubliée.
✍️ Jonas NGONDO Kapita



