Cinq (5) groupes armés identifiés dans la province de l’Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo) ont signé vendredi 19 avril 2024 à Bunia, en présence du vice-Premier, ministre de la Défense Nationale, Jean-Pierre Bemba, un acte d’engagement marquant « la cessation immédiate » des hostilités dans cette province sous état de siège.

« Nous, les groupes armés de l’Ituri (CODECO, FRPI, FPIC, AUTODÉFENSE, MAPI), réunis en date du 19 avril 2024, sous la haute responsabilité de son Excellence Monsieur le VPM de la Défense Nationale, Jean-Pierre Bemba, prenons l’engagement de cesser immédiatement les hostilités dans l’intérêt de la paix », ont-ils déclaré à travers l’acte d’engagement.
« NB: tout contrevenant au présent acte se verra sanctionner par les actions militaires ou judiciaires », ont précisé les signataires.
Arrivé vendredi matin dans la ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans le cadre de l’évaluation de la situation sécuritaire dans cette province, le vice-Premier ministre, ministre de la Défense Nationale, Jean-Pierre Bemba, a réuni 31 membres issus de cinq groupes armés locaux actifs depuis la reprise des hostilités en 2017, pour examiner les motivations à la base de la reprise des armes dans la province de l’Ituri en dépit des accords de paix régulièrement conclus à Nairobi et dans le territoire de Aru.

« Je suis venu au nom du commandant suprême, le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, qui mise sur le retour de la paix, de gré où de force en Ituri, pour vous écouter et comprendre pourquoi en dépit des engagements pris dans le passé, vous continuez toujours à vous entretuer ici en Ituri. Nous devons ensemble dégager des propositions à même de contribuer efficacement au retour définitif de la paix ici », avait introduit Jean-Pierre Bemba.
« Beaucoup d’investisseurs aspirent de venir investir ici en Ituri, mais sans la paix, rien ne pourra se passer. Nous avons opté pour cette méthode, non pas par faiblesse, mais parce qu’on ne peut pas parler de paix sans réconciliation entre les communautés », a rappelé le VPM de la défense.
Jean-Pierre Bemba qui connait parfaitement la province de l’Ituri, pour y avoir notamment entrepris quelques activités commerciales avec son défunt père dans les années nonante, a par ailleurs, rappelé son implication personnelle qui avait conduit à la réconciliation entre les communautés Hema et Lendu en 2001.

« Pour avoir parcouru cette province avec hélicoptère ensemble avec mon défunt père, Jeannot Bemba, je vous dis que l’Ituri peut nourrir l’ensemble du pays. Déjà, à l’époque, dans les années 1990, Kinshasa était alimentée par beaucoup de produits provenant de l’Ituri. On peut faire de l’Ituri une grande province de développement, mais pour y arriver, il faudrait la paix. Chaque jour, on parle de morts, ce n’est pas normal… », a-t-il conscientisé.
« Le chef de l’État et l’ensemble du gouvernement ne supportent plus ce qui se passe ici. Voilà pourquoi, le président de la République m’a demandé de venir ici et de vous faire passer son message de paix. Vous devez savoir que, de gré où de force, le chef de l’État veut instaurer la paix en Ituri », a souligné Jean-Pierre Bemba.
« N’avez-vous pas peur lorsque vous tuez vos propres frères tous les jours ?
Contrairement à la situation du Nord-Kivu où nous sommes en train de nous défendre par rapport à l’agression rwandaise, ici, ce sont des fils de la province qui s’entretuent entre eux. Ce n’est pas normal « , a dit le VPM de la défense nationale.
À noter que dans un échange à bâton rompu, chaque membre des cinq groupes armés représentés dans la salle s’est exprimé, en relevant les différents problèmes à la base des tueries de la population.
Ils ont insisté sur l’application correcte du dernier accord conclu dans le territoire de Aru, et décrié l’absence du suivi dans l’exécution des décisions au niveau de la zone opérationnelle. Aussi , ont-ils insisté sur la supression des barrières militaires souvent à la base des traccasseries qui conduisent parfois aux tueries. Ils ont également appelé le gouvernement à résoudre le problème récurrent de limites administratives qui occasionnent des conflits intercommunautaires. Aussi, ont-ils demandé leur intégration dans la réserve de l’armée et la mise en place du Programme de désarmement, démobilisation et réintégration sociale (PDDRS).

Pour apaiser les esprits, en attendant sa prochaine visite prévue la semaine prochaine où il pourra mettre autour d’une table les leaders des communautés locales et les autres acteurs impliqués dans les conflits dans la région, le VPM de la Défense a ordonné l’identification et la supression de toutes les barrières à l’origine de la pomme de discorde et l’identification des fournisseurs qui devront recevoir dès la semaine prochaine les moyens financiers du gouvernement en vue de renforcer la ration des militaires engagés dans la défense de l’intégrité territoriale dans la province de l’Ituri.
Outre les groupes armés, le VPM Bemba s’est également entretenu avec les différents responsables des forces vives ( société civile, confessions religieuses, associations des jeunes), les femmes militaires et les représentants des communautés locales. Tous ont soumis au VPM de la Défense leurs propositions pour la pacification de l’Ituri.
Les discussions avec la délégation des groupes armés et autres couches sociopolitiques, se sont déroulées en présence du Chef d’état major général des forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) chargé des opérations, le gouverneur militaire, le commandant de la 32e région militaire ainsi que de beaucoup d’autres Officiers généraux des FARDC.
Sakola.info



