En réaction à la mesure d’interdiction de diffusion sur le territoire nationale des chansons « Nini tosali te » et « lettre à ya Tshitshi », l’honorable député Ados Ndombasi invite la ministre de la Justice de prendre des options sur l’existence ou non de la commission nationale de Censure. Il s’exprime en ces termes :
En conformité avec les dispositions des articles 138 de la constitution et 170 du règlement intérieur de l’assemblée Nationale une question orale avec débats sera adressée à Madame la Ministre d’État, Ministre de la Justice Rose Mutombo en ce qui concerne la fameuse commission de censure.
Cette commission de censure a illégalement suspendu la diffusion de plusieurs chansons d’éveil de conscience dont celle du groupe MPR « Nini Tosali Te ».
Cette décision va à l’encontre de l’Article 23 de notre constitution qui dispose que « toute personne à le droit à la liberté d’expression ». Ce droit implique, je cite « la liberté d’exprimer ses opinions ou ces convictions notamment par la parole, l’écrit et l’image sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et de bonnes mœurs », fin de citation.

Il est inacceptable de restreindre sciemment la liberté d’expression de nos artistes, inacceptable qu’en plein 21ième siècle ce genre de pratique soient cautionnées dans État dit de droit.
C’est un recul considérable de l’exercice des libertés fondamentales dans notre pays.
Ce qui démontre que les stigmates de la 2ième République ne sont pas encore bannis.
De ce fait, il est donc légitime de s’interroger sur l’adéquation entre la liberté d’expression garantie par notre constitution et une commission de censure dans un contexte Démocratique.
La censure est une limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d’expression de chacun. Elle n’a pas de place dans une démocratie.

Il sied de rappeler que la commission de censure tire son origine de l’arrêté ministériel 225/du 23/08/1967, arrêté qui sera abrogé par le décret n° 003 du 21 /02/1996. À cette époque évidemment le régime dictatorial du Maréchal Mobutu avait pour objectif d’instaurer la pensée unique. Présentement, cela est contraire à l’article 22 de la constitution qui dispose dans son alinéa 1er ce qui suit « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ».
Madame le Ministre D’état,Ministre de la justice quelle est la justification d’une commission de censure sous un régime démocratique surtout que cette censure empiète les compétences des institutions spécialisées, mieux outillées d’ailleurs pour veiller aux contenus des médias ?
En conclusion, nous demandons la suppression pure et simple de cette commission d’un autre âge qui n’a pas sa place dans une démocratie.
Honorable Ados Ndombasi Banikina
Député National (RDC).



