Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, a vécu un dimanche particulier ce 2 février, le premier depuis que la ville est passée sous le contrôle des rebelles de l’Alliance des Forces du Changement – Mouvement du 23 mars (AFC-M23). Dans un climat de tension et d’incertitude, plusieurs églises sont restées fermées, privant les fidèles de leur habituel rassemblement dominical.

Dès les premières heures de la matinée, de nombreux habitants ont constaté que certaines paroisses, notamment dans les quartiers nord de la ville, avaient gardé leurs portes closes. Selon plusieurs témoins, cette décision découlerait des craintes liées à la présence des combattants de l’AFC-M23 dans la ville et aux incertitudes sécuritaires qui en découlent.
« Nous avons jugé prudent de ne pas ouvrir l’église aujourd’hui. La situation reste imprévisible et nous ne voulons exposer personne à un danger potentiel « , a confié un responsable religieux sous couvert d’anonymat.
D’autres lieux de culte ont cependant maintenu leurs offices, mais avec une affluence réduite. Les fidèles présents ont prié pour un retour rapide à la paix et une issue diplomatique à la crise qui secoue la région depuis plusieurs mois.
Depuis la prise de Goma par l’AFC-M23, la situation reste tendue. Des patrouilles des rebelles ont été signalées dans plusieurs quartiers, tandis que les autorités congolaises dénoncent une occupation illégale. Le gouvernement de Kinshasa continue d’appeler la communauté internationale à réagir face à ce qu’il considère comme une violation de la souveraineté nationale.
De leur côté, les habitants de Goma s’adaptent tant bien que mal à cette nouvelle réalité. La fermeture de certaines églises n’est qu’un des nombreux signes du climat d’incertitude qui règne dans la ville.
Alors que la communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, l’avenir de Goma sous le contrôle de l’AFC-M23 demeure incertain. Si certaines sources évoquent d’éventuelles négociations pour un retrait des rebelles, d’autres craignent une prolongation de l’occupation, voire une intensification des combats dans la région.
En attendant, les habitants tentent de poursuivre leur quotidien, oscillant entre espoir et inquiétude face à une crise qui dure et dont l’issue reste imprévisible.
Peter BUSIMA



