Le consortium International pour les Droits Humains au Congo (CIDHC), une organisation indépendante engagée dans l’enquête sur les crimes internationaux commis dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a publié un rapport exprimant de sérieuses préoccupations concernant la présence des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) sur le territoire congolais.

Selon cette organisation,le 3 mars 2026, le haut commandement des FDLR a publié une déclaration officielle depuis Uvira, une ville de l’Est de la RDC placée sous administration gouvernementale,confirmé sa présence active sur le territoire congolais , annoncé l’installation de son haut commandement à Uvira, adressé ses félicitations au président Félix Tshisekedi,exprimé son soutien aux institutions de la RDC et aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ,réaffirmé les objectifs de sa lutte qu’il présente comme une défense de la race bantoue contre l’influence de Kigali,salué les sanctions internationales visant le Rwanda.
Pour le CIDHC, le fait qu’un groupe armé inscrit sur plusieurs listes de sanctions internationales puisse publier une déclaration politique depuis une zone contrôlée par un État souverain constitue un fait particulièrement préoccupant.
Selon plusieurs sources régionales citées par l’organisation, le président Félix Tshisekedi et la famille Habyarimana, installée en France, travailleraient à la mise en place d’un dispositif politico-sécuritaire visant à exercer une pression stratégique sur le Rwanda en s’appuyant sur les FDLR.
D’après ces informations, cette stratégie s’articulerait autour de plusieurs dimensions : politique, militaire, diplomatique et médiatique.
Cette hypothèse serait en contradiction avec l’accord de paix signé en juin 2025 entre Kinshasa et Kigali sous médiation américaine, dans lequel les deux pays s’étaient engagés à démanteler les FDLR et à coopérer pour neutraliser les groupes armés responsables de l’instabilité régionale.
Le rapport évoque également une tentative de restructuration du mouvement armé. L’objectif serait de rassembler les différentes factions des FDLR au sein d’une plateforme unifiée.Dans ce cadre, Jean-Luc Habyarimana, fils de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, serait pressenti pour jouer un rôle central dans la direction politique du mouvement.
Selon les sources citées, son profil pourrait permettre,de mobiliser une partie de la diaspora rwandaise,de symboliser une continuité politique pour certains réseaux historiques,de servir d’intermédiaire entre les structures politiques en exil et les forces armées présentes dans l’Est de la RDC.
Le CIDHC affirme avoir recueilli des informations faisant état,d’une mobilisation de ressources financières destinées à réorganiser les structures du mouvement,
d’un soutien logistique indirect via des circuits économiques transfrontaliers,
d’une facilitation de réunions stratégiques et de déplacements ; d’efforts de recrutement au sein de certaines communautés de la diaspora.
« Des discussions auraient également porté sur la restructuration du commandement militaire des FDLR et sur une possible coordination avec d’autres groupes armés opérant dans l’Est de la RDC. »a-t-il déclaré
Le rapport évoque aussi des contacts présumés avec plusieurs figures de l’opposition rwandaise en exil, notamment,le général Kayumba Nyamwasa, dirigeant du Rwanda National Congress (RNC),Thomas Nahimana, qui se présente comme chef d’un gouvernement rwandais en exil.
« L’objectif serait la création d’un front politico-militaire unifié réunissant groupes armés, opposants politiques et réseaux diplomatiques afin d’exercer une pression accrue sur le gouvernement rwandais » a-t-il indiqué
Selon le CIDHC, une réunion de haut niveau pourrait se tenir à Kinshasa au début de l’année 2026. Elle réunirait des représentants de groupes armés et de réseaux politico-militaires opposés au gouvernement rwandais.
Cette rencontre viserait notamment à créer un cadre permanent de coordination entre les différents mouvements,
adopter une stratégie commune,désigner une direction politique unifiée,définir un plan d’action destiné à accroître la pression politique et sécuritaire sur Kigali.
Des informations évoquent également une réunion préparatoire qui se serait tenue au Cap, en Afrique du Sud, en octobre 2025.
Le rapport rappelle plusieurs événements considérés comme des éléments de contexte,des visites attribuées à Jean-Luc Habyarimana à Kinshasa en 2024 et 2026,un projet envisagé en 2024 visant à accueillir en RDC certains suspects liés au génocide rwandais réfugiés au Niger,des contacts présumés entre des figures de l’opposition rwandaise et des responsables politiques congolais,des déclarations publiques du président Tshisekedi évoquant un possible changement politique au Rwanda.
Selon le CIDHC, une assistance matérielle ou logistique à un groupe armé impliqué dans des crimes internationaux pourrait être considérée comme une complicité au regard du droit pénal international, notamment en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
L’État congolais pourrait également être confronté à des questions de responsabilité internationale si un soutien institutionnel ou un contrôle effectif sur ces groupes était établi.Des risques diplomatiques et sécuritaires pour la région
Le rapport avertit que de telles dynamiques pourraient aggraver les tensions entre la RDC et le Rwanda, deux pays dont les relations restent fragiles.
Face à ces préoccupations, le CIDHC appelle à l’ouverture d’une enquête internationale indépendante et impartiale afin d’établir les faits.l’organisation demande également,une clarification officielle des autorités concernées,le respect strict des engagements internationaux relatifs au démantèlement des groupes armés,le renforcement des mécanismes de protection des populations civiles.
Mérite BAHOGWERHE


