La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka est arrivée, ce jeudi en début de soirée, à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. La Cheffe du Gouvernement est à la tête d’une délégation mixte constituée, entres autres, de la Ministre d’État, Ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Eve Bazaiba, du Représentant spécial adjoint de la MONUSCO et Coordonnateur humanitaire, Damien Mama, ainsi que des représentants de l’OMS, de l’UNICEF et d’Africa CDC. Une délégation de haut niveau venue s’assurer de la réalité de l’épidémie dans son épicentre même, apprécier les dispositifs déployés et les défis pour une riposte plus efficiente.

Au plus proche du foyer de l’épidémie
Au pied de l’avion, Judith Suminwa a été accueillie par le Gouverneur militaire, le Général-Major Gaby Kasongo, des élus locaux, des membres du Gouvernement provincial et ceux de la société civile, notamment les associations des femmes. C’est toute une province qui sourit à nouveau grâce à cette visite qui redonne espoir.
Bunia constitue la deuxième étape de la tournée de la Première Ministre, après Kisangani. Si la Première Ministre considère le chef-lieu de la Tshopo comme un pôle stratégique et un carrefour économique important qui connecte l’est du reste du pays où il faut mettre les bouchées doubles pour contenir l’épidémie, il n’en demeure pas moins que pour la Cheffe du Gouvernement, il faut traiter le mal à la source.
« J’avais dit que je ne peux pas aller à Kisangani sans arriver à Bunia. Je suis venue faire le même constat ici, soutenir la population, montrer que le Gouvernement est avec vous. Le Gouvernement a débloqué 50 millions de dollars dans le cadre de la riposte contre Ebola. Il est maintenant question de voir comment les choses se passent, qu’est-ce qu’on peut faire pour améliorer et assurer que le Gouvernement peut endiguer cette maladie », a affirmé la Première Ministre.

L’espoir est permis
Le séjour iturien de la Cheffe du Gouvernement n’est pas de tout repos. Loin s’en faut. Aussitôt après son arrivée, elle a réuni le comité provincial de sécurité, les responsables du Centre des Opérations d’Urgences de Santé Publique (COUSP), les partenaires nationaux et internationaux. Objectif : les écouter et trouver des solutions idoines. Pour le tout nouveau Coordonnateur provincial de la riposte et « Incident manager », les défis sont importants à cause de la complexité de l’épidémie, mais la réactivité du Gouvernement permet d’y croire.

« La venue de la Première Ministre est un signe d’encouragement pour nous de la riposte. C’est aussi un signe d’espoir pour les familles et la population qui sont affectées par cette crise. Nous faisons face à l’une des plus grandes, difficiles et complexes épidémies d’Ebola que nous avons connues dans notre pays. . . , cependant nous avons aussi, pour la première fois, un appui direct du Gouvernement central », a soutenu le professeur Steve Ahuka.
Sur la bonne voie malgré tout
Pour ce virologue qui traîne une grande expérience dans la recherche et dans la gestion des épidémies à l’INRB, plusieurs facteurs rendent complexe la riposte, entre autres l’accès difficile à certaines zones à cause de l’insécurité, l’exploitation artisanale dans les zones minières, la présence des camps de déplacés internes, sans oublier la résistance des communautés. Des défis qui sont à la base de la propagation de la maladie, soit 2.500 cas en 70 jours, un record dans l’histoire de la riposte. Mais du côté du Gouvernement comme des partenaires, on est convaincu d’être sur la bonne voie.
« Ce que j’ai entendu aujourd’hui est encourageant à plusieurs titres. D’abord, les centres de traitement se sont agrandis, les capacités de dépistage se sont également agrandies. Cette maladie n’a pas de couleur, ça n’a pas de parti politique, ça n’a pas de nationalité. Et personne n’est à l’abri. C’est pour ça que nous restons mobilisés aux côtés du Gouvernement pour mettre fin à cette épidémie le plus rapidement possible », a souligné Damien Mama, Coordonnateur humanitaire de l’ONU.
Ce dernier n’a pas manqué de reconnaître le leadership du Gouvernement qui a réagi à temps en débloquant des fonds importants.
Pour sa part, la Cheffe du Gouvernement a rendu hommage au Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, qui est en première ligne de la riposte en tant que président de la task-force Ebola à Kinshasa où toutes les décisions importantes sont prises. Après Bunia, la Première Ministre est attendue à Rwampara et à Mongwalu, deux autres foyers importants de l’épidémie.
Sakola.info



