Invité de l’émission Chemin critique, l’honorable Éric Tshikuma a défendu l’opération d’assainissement en cours dans la capitale congolaise. Selon lui, la réussite de cette initiative repose autant sur l’action des pouvoirs publics que sur un changement durable des comportements des citoyens.
Pour l’élu de Kinshasa, la première étape consiste à assainir les espaces publics aujourd’hui envahis par les déchets avant d’installer un système durable de gestion de la salubrité.
« La première phase, c’est de rendre propres les espaces publics qui sont actuellement insalubres. Ensuite, il faut encourager les citoyens à adopter de nouveaux comportements, des comportements citoyens et des comportements de salubrité « , a-t-il expliqué.

Éric Tshikuma estime que l’assainissement ne peut pas reposer uniquement sur les équipes déployées sur le terrain.
« Ce n’est pas une affaire des bâtisseurs seulement. Ils font un très bon travail, mais chaque citoyen doit mettre la main à la pâte « , a-t-il insisté.
Selon lui, la campagne actuelle doit désormais évoluer vers un véritable système permanent de gestion des déchets.
« Il faut passer de la campagne à un système. C’est ce système que nous devons bâtir aujourd’hui « , a-t-il déclaré, tout en appelant le Gouvernement et l’ensemble des institutions de la République à soutenir la Task Force présidentielle chargée de la salubrité de Kinshasa.
Répondant aux interrogations de plusieurs citoyens sur l’efficacité de cette nouvelle opération, après plusieurs campagnes restées sans résultats durables, le député affiche sa confiance.
« Cette fois-ci, c’est la bonne « , a-t-il affirmé.
Il attribue cet optimisme au rôle confié à la Task Force dirigée par le général Kasongo Kabwik, estimant que la discipline militaire constitue un atout majeur.
« Dans toute société, l’armée constitue le dernier rempart. C’est un corps très discipliné « , a-t-il soutenu.
Évoquant les réalisations du Service national, il a salué le travail accompli dans la réinsertion des jeunes en conflit avec la loi.
« Ceux qui étaient considérés comme des kulunas ou des délinquants sont devenus aujourd’hui des bâtisseurs et donnent l’exemple « , a-t-il déclaré.
Pour lui, cette même rigueur doit permettre à la Task Force d’atteindre les objectifs fixés par le chef de l’État.
Interpellé en lingala par un téléspectateur sur la destination des déchets collectés, Éric Tshikuma a répondu dans la même langue. Il a expliqué que les déchets seront acheminés vers les sites et centres prévus à cet effet, tout en rappelant que les habitants doivent éviter de recréer des dépotoirs sauvages après les opérations de nettoyage.
Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre les campagnes de sensibilisation dans les quartiers populaires afin d’ancrer une nouvelle culture de la propreté.
Au-delà du ramassage des immondices, l’honorable Éric Tshikuma estime que la réussite de cette opération dépend avant tout d’un changement profond des habitudes.
« Il faut tout changer de comportement. Changer de narratif, c’est poser des actes de citoyenneté qui prouvent notre civilisation en tant que peuple « , a-t-il affirmé.
Selon lui, plusieurs décennies de sous-investissement dans le secteur de l’assainissement rendent la tâche difficile, mais ce défi peut être relevé grâce à l’engagement conjoint des autorités et de la population.
Il a lancé un message aux habitants de Kinshasa, les invitant à participer activement à l’effort collectif.
« Chaque déchet que nous jetons dans une poubelle, chaque action de salubrité que nous menons dans nos quartiers est un pas vers une Kinshasa plus belle qu’avant. »a-t-il insisté.
Il a conclu par un appel à transformer les mentalités avant même de transformer la ville.
« Nous devons aimer ce qui est beau pour que le beau puisse se manifester dans nos vies. »
Mérite BAHOGWERHE



