À Genève, la République démocratique du Congo a mis en avant les initiatives engagées en faveur des femmes veuves et des groupes vulnérables, à travers le Projet d’appui au bien-être alternatif des enfants et jeunes impliqués dans la chaîne d’approvisionnement du cobalt (PABEA-COBALT). Devant des participants réunis autour des droits des femmes veuves, Me Alice Mirimo, directrice générale adjointe du Fonds national de promotion et de service social (FNPSS), a présenté les avancées du projet en matière d’accompagnement social et d’autonomisation économique.
Les 15 et 16 octobre 2026, au Palais des Nations, à Genève, en Suisse, les droits des femmes veuves ont été au centre d’une réunion internationale de haut niveau organisée par Widows Rights International (WRI). Cette rencontre a offert à la délégation congolaise l’occasion de présenter des initiatives destinées à améliorer les conditions de vie des femmes confrontées à la précarité, tout en mettant en évidence les mécanismes d’accompagnement susceptibles de favoriser leur autonomie économique.
Au cours des échanges, Me Alice Mirimo a particulièrement insisté sur les acquis du PABEA-COBALT, un projet qui s’inscrit dans une démarche de protection sociale et d’amélioration des perspectives d’avenir des enfants, des jeunes et de leurs familles touchés par les vulnérabilités associées à la chaîne d’approvisionnement du cobalt.
L’intervention de la représentante du FNPSS a notamment permis de souligner la place accordée aux femmes veuves dans le dispositif d’accompagnement du projet. Au-delà de la prise en charge des enfants bénéficiaires, de l’encadrement de leurs parents et du soutien aux jeunes, cette initiative entend également contribuer à renforcer les capacités économiques des ménages concernés,des activités génératrices de revenus pour renforcer l’autonomie des veuves.
L’un des aspects mis en avant par Me Alice Mirimo concerne l’intégration de certaines femmes veuves dans des activités génératrices de revenus (AGR).Ces activités constituent un levier important pour améliorer les conditions de vie des ménages vulnérables, en favorisant la création de sources de revenus et une plus grande capacité à répondre aux besoins quotidiens.Les bénéficiaires sont notamment organisées en coopératives agricoles et reçoivent un appui financier destiné au développement de leurs activités économiques.
Cette démarche vise à leur donner des moyens concrets de participer à la production, de consolider leurs initiatives et de progresser vers une autonomie financière plus durable.L’enjeu dépasse ainsi la seule assistance sociale. Il s’agit de favoriser des conditions dans lesquelles les femmes veuves peuvent devenir des actrices de leur propre développement, tout en contribuant à la stabilité économique de leurs familles et au dynamisme de leurs communautés.Pour ces femmes, l’accès à des activités productives peut représenter une possibilité de réduire leur dépendance économique et de mieux faire face aux responsabilités familiales. Toutefois, la consolidation de ces acquis dépend également de la continuité de l’accompagnement, de la capacité des activités à générer des revenus réguliers et de l’accès aux débouchés économiques.
C’est dans cette logique que le PABEA-COBALT associe l’accompagnement social à des mécanismes de soutien aux initiatives économiques, avec une attention particulière portée aux personnes exposées à différentes formes de vulnérabilité.Les centres d’entrepreneuriat agricole, un relais pour les bénéficiaires
L’accompagnement des femmes bénéficiaires s’articule également autour des Centres de promotion de l’entrepreneuriat des jeunes en agrobusiness (CPEJAB), construits et équipés dans le cadre du PABEA-COBALT. Ces infrastructures sont implantées à Mutumpeke, dans la province du Haut-Katanga, et à Kamoa, dans la province du Lualaba.
Elles ont vocation à soutenir l’entrepreneuriat, notamment dans le domaine agricole, et à ouvrir de nouvelles perspectives économiques aux jeunes ainsi qu’aux autres catégories de bénéficiaires du projet.Les femmes accompagnées sont ainsi appelées à interagir avec ces centres, qui constituent des points d’appui pour le développement des initiatives entrepreneuriales dans le secteur de l’agrobusiness. Cette articulation entre les coopératives agricoles, le financement des activités et les infrastructures dédiées à l’entrepreneuriat traduit une approche qui cherche à relier la protection sociale aux possibilités de création de revenus.
Elle met également en évidence l’importance des dispositifs locaux capables d’accompagner les bénéficiaires au-delà des premières étapes de leur insertion économique. À Genève, les témoignages de femmes déjà engagées dans des activités génératrices de revenus ont particulièrement retenu l’attention des participants. Ces expériences ont permis d’illustrer, à travers des parcours concrets, les possibilités qu’offrent les programmes d’accompagnement lorsqu’ils associent soutien social et appui économique.Ces témoignages constituent aussi un élément essentiel de la réflexion sur les droits des femmes veuves : au-delà de la reconnaissance de leurs difficultés, l’amélioration de leur situation passe par des initiatives susceptibles de renforcer leurs moyens d’existence et leur participation à la vie économique.

La participation de Me Alice Mirimo à Genève ne s’est pas limitée à la réunion consacrée aux droits des femmes veuves. Au sein de la délégation congolaise, elle a également pris part à la 12ᵉ session du Groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée des Nations unies sur les sociétés transnationales et autres entreprises et les droits de l’homme, organisée du 12 au 16 octobre 2026.Cette rencontre s’inscrit dans les discussions internationales visant à renforcer les instruments relatifs au respect des droits humains par les entreprises transnationales. Elle met en perspective les responsabilités des acteurs économiques, notamment en ce qui concerne les conséquences sociales de leurs activités et les engagements pris au titre de leur responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
Dans ce cadre, la représentante du FNPSS a apporté l’expertise de son institution en matière de prise en charge sociale des groupes vulnérables et des personnes nécessiteuses. Elle a également mis en avant le rôle du Fonds dans le suivi du respect des engagements sociaux souscrits par les entreprises transnationales dans le cadre de leur responsabilité sociétale.
Cette contribution revêt un intérêt particulier pour la RDC, où l’exploitation des ressources naturelles, notamment le cobalt, soulève des enjeux qui dépassent la seule production économique. La question de la protection des personnes vulnérables, de l’amélioration des conditions de vie des communautés et de la prise en compte des conséquences sociales des activités économiques demeure au cœur des débats sur le développement responsable.
L’expérience du PABEA-COBALT permet ainsi d’illustrer l’importance d’une approche qui associe les enjeux économiques aux besoins sociaux des populations. Elle souligne également la nécessité de mécanismes de suivi capables de rapprocher les engagements des entreprises des attentes des communautés concernées,une présence congolaise tournée vers la protection sociale et les droits humains.
Signalons qu’à travers ces deux rencontres internationales, Me Alice Mirimo a contribué à mettre en lumière les initiatives portées par la RDC en matière de protection sociale, d’autonomisation économique des femmes et de promotion des droits humains. La présentation des acquis du PABEA-COBALT devant les participants réunis à Genève a notamment permis de rappeler que les politiques d’accompagnement des groupes vulnérables peuvent intégrer des solutions économiques concrètes, en complément de la prise en charge sociale.Pour les femmes veuves, l’accès aux activités génératrices de revenus, l’organisation en coopératives agricoles et les possibilités offertes par les centres d’entrepreneuriat représentent des pistes pour améliorer les conditions de vie et renforcer leur participation au développement local.L’enjeu reste désormais de consolider ces acquis dans la durée, afin que les initiatives engagées puissent produire des effets pérennes sur les revenus des bénéficiaires et les conditions de vie de leurs ménages.En mettant en avant ces expériences devant des acteurs internationaux, la représentante du FNPSS a ainsi porté l’attention sur une dimension essentielle de la protection sociale : permettre aux personnes vulnérables de disposer non seulement d’un accompagnement, mais aussi de moyens susceptibles de renforcer leur autonomie et leur capacité à construire un avenir plus stable.
DM



