« Nous pensons que le nouveau bureau de la Ceni prêtera une oreille attentive pour se conformer aux dispositions fixant les modalités de participation politique et publique des personnes vivant avec handicap », vœu émis par Irène Esambo Diata, Ministre déléguée en charge des personnes vivant avec handicap

La Ministre déléguée aux Affaires sociales chargée des personnes vivant avec handicap (PVH), Irène Esambo Diata, a conduit, vendredi 17 décembre 2021, une délégation de cette catégorie des compatriotes à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Représentants les 26 provinces que compte la République démocratique du Congo.
Ayant d’abord pris langue avec le vice-président de la Ceni, Bienvenu Ilanga Lembow, dans un cadre restreint, Mme La Ministre Déléguée a, dans son plaidoyer, mis en avant la participation politique et publique des personnes vivant avec handicap, conformément aux dispositions de l’article 49 de la Constitution appuyant la loi organique en ses articles 18 et 43.

« Nous sommes venus présenter nos civilités aux nouveaux membres du bureau de la Ceni qui vient de se mettre en place pour qu’elle tienne compte de nos desiderata. Étant donné qu’elle devra organiser les élections tant attendues par le peuple congolais. A l’heure qu’il est, notre pays traverse une étape importante celle de la consolidation de notre jeune démocratie. Représentant 15% de notre population, on ne peut pas nous oublier et nous non plus, nous ne pouvons pas nous faire oublier. Notre venue ici est d’abord de marquer notre adhésion au processus électoral en cours », a indiqué Irène Esambo Diata, par ailleurs avocate de formation.

Se félicitant de ce que la RDC a innové dans le domaine du handicap d’abord en 2006 avec l’adoption de la Constitution en vigueur et revue en 2011, elle …
« Il y a été intégré une disposition très importante concernant les personnes vivant avec handicap en son article 49 disposant que celles-ci et les personnes du 3e âge ont droit à la protection de l’État. Les personnes vivant avec handicap doivent être représentées dans les institutions de la République à tous les niveaux (local, provincial et national). Et que par la suite les articles 18 et 43 de la loi organique devraient fixer les modalités pratiques de leurs droits. Cette loi ayant été portée pour examen au Parlement en 2008. Depuis, elle n’a pas pu bouger d’un iota. Dieu merci, il est apparu un homme, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui avait une vision par rapport aux personnes vivant avec handicap. Il a compris qu’aujourd’hui, on ne peut plus les considérer comme une catégorie moindre de la population. Et qu’il fallait leur donner la place qu’il leur revenait en faisant en sorte qu’au sein du gouvernement un portefeuille ministériel leur soit dédié. Une première à l’échelle internationale.

Les autres institutions se sont senties concernées. Dès 2019, nous avons été appelés à travailler avec le Parlement pour avancer au niveau de la la loi organique. L’année d’après (2020), l’Assemblée nationale votera sa version transmise au Sénat qui fera pareil. Et ensemble, ils ont mis en place une Commission paritaire qui, la semaine dernière, l’a votée en attendant de prendre le chemin de la Cour constitutionnelle pour l’analyse de sa constitutionnalité avant sa promulgation par le chef de l’État », a-t-elle fait valoir.
Non sans avoir déploré l’inaccessibilité des personnes vivant avec handicap dans certains édifices n’ayant pas pris en compte la construction des rampes facilitant leur accès.
Avant d’ajouter : »En la compulsant pour voir son contenu, nous nous sommes aperçus qu’elle met l’accent sur le droit à la participation politique et publique des personnes vivant avec handicap. On ne peut pas parler des droits sans penser au processus électoral (droit entre éligible et électeur). D’autre part, il y a question d’accessibilité au niveau de nombreux immeubles administratifs. Il est donc temps que les choses se fassent autrement aujourd’hui. Ce qui justifie le sens de notre plaidoyer. Nous sommes face à un nouveau bureau qui est réputé au regard de son expertise et espérons qu’il prêtera une oreille attentive à l’essentiel de nos revendications de conformer le processus électoral avec les dispositions de l’article 49″.

A l’endroit de l’auditoire, le vice-président de la Ceni s’est voulu rassurant réaffirmant la détermination du bureau actuel offrir à la RDC les élections démocratiques, crédibles et inclusives dans les délais constitutionnels.
« La Constitution de notre pays réserve un traitement particulier à votre catégorie et cela a été renforcé par la loi organique portant protection des droits des personnes vivant avec handicap exigeant qu’elles soient prises en compte dans tout ce que nous faisons. Ici, je voudrais vous assurer, au nom du président de la Ceni, Denis Kadima Kazadi, et à celui de l’ensemble du bureau de la Ceni, que tout l’arsenal juridique qui va organiser les élections tiendra compte de toutes vos revendications. Vous venez là forcer une porte qui était déjà ouverte », a-t-il relevé.

L’assistance a marqué particulièrement son intérêt à travers le jeu des questions-réponses auquel le représentant du président de la Ceni s’est prêté avec grâce. Notant que les personnes vivant avec handicap en proie très souvent à la marginalisation sont des personnes à part entière et non entièrement à part qu’il faudrait prendre en compte en inversant la tendance.
Les questions soulevées avaient trait notamment à la sensibilisation qu’elles souhaitent vivement être faite par elles-mêmes, leur représentativité, l’accessibilité sur les listes électorales, leur enrôlement ainsi que leur identification.
Sur quelques sujets évoqués, Bienvenu Ilanga Lembow a indiqué que les réponses attendues sont du ressort du premier responsable de la Ceni à qui il fera un rapport circonstancié. Lui seul les communiquera à la ministre qui se chargera de les leur transmettre.
Sakola.info



