Le secrétaire général du programme multisectoriel de la riposte à la maladie à virus Ebola, le prof Jean-Jacques Muyembe a présenté la situation sécuritaire des équipes de riposte et des zones de santé affectées par la maladie.

Au cours de cette conférence de presse, le Secrétaire technique du CMRE a affirmé que les attaques de la base vie des agents de la riposte intervenues dans la nuit du 27 au 28 novembre 2019 à Biakato dans la zone de santé de Mandima en Ituri ont fait revenir l’épidémie en arrière, alors qu’elle était presqu’à sa fin.
Il a précisé, qu’actuellement, les efforts seront déployés vers Biakato et Lwemba dans la zone de santé de Mandima en province de l’Ituri, deux points chauds qui constituent des actuels principaux foyers épidémiques afin d’y concentrer la riposte pour mettre fin rapidement à cette dixième épidémie.
Il a rappelé qu’il s’est rendu personnellement à Biakato, où il a parlé franchement avec la communauté. Selon lui, la population est consciente de l’existence de l’épidémie et de la menace qu’elle représente et souhaite non seulement le retour effectif des agents de riposte, mais aussi la vaccination de toute leur population. « Je leur ai promis le retour des équipes avec comme première phase la vaccination de masse pour tous les villageois afin de contenir rapidement la chaîne de transmission », a dit le Secrétaire technique du CMRE.
» Nous souhaitons que nos amis à Lwemba et Biakato fêtent la Noël et la nouvel’an dans la paix sans crainte de l’épidémie. C’est difficile de faire des prévisions en précisant la date parce que cela ne dépend pas seulement de nos capacités scientifiques de surveillance ou de lutte, mais aussi de la sécurité de nos équipes qui sont sur terrain pour traiter les malades et vacciner la population », a déclaré le Prof. Muyembe.
De ce fait, pour une bonne reprise des activités de la riposte, le Prof Jean-Jacques Muyembe plaide pour le renforcement de la sécurité des équipes sur terrain.
Le Secrétaire technique du CMRE a, à cet effet, souligné que sur les 29 zones de santé reparties dans les trois provinces touchées par l’épidémie, 24 n’ont plus déclaré la présence du virus Ebola depuis plus de 21 jours. Il s’en remet par ailleurs au ministre de la santé et à l’OMS pour voir dans qu’elle mesure déclarer partiellement la fin de l’épidémie pour ces zones.
« Nous sommes en train d’envisager cela selon le taux de transmission dans les zones qui ont fait plus de 42 jours d’incubation indiquée. Citons le cas de Mwenga au Sud Kivu qui a déjà fait plus de 100 jours sans cas confirmé », a-t-il dit.
Avant de conclure, le Prof. Muyembe Ntamfum a rappelé qu’à ce jour les aires de santé de Lwemba et Biakato restent les deux foyers qui fournissent tous les actuels cas confirmés avec comme avantage le fait que les chaînes de transmissions de ces cas sont connues et que ces cas confirmés sont bien ciblés et suivis. ‘’Nous ne sommes plus face à une épidémie incontrôlable. L’épidémie est contrôlée. Une fois qu’on a le maximum de sécurité, nous aurons aussi le maximum de résultats », a-t-il conclu.
Patrick Lakwe



