Le Premier ministre Bruno Tshibala prévoit la création de deux nouvelles taxes dans les télécommunications, l’une portant sur la gestion des réseaux des services des données et l’autre sur les flux téléphoniques (trafic voix, trafic SMS, trafic data). Ce projet de décret prévoit une taxe des appels locaux fixée à 0,0115 USD (1,15 cents) la minute des appels sortants intra réseaux, inter-réseaux et internationaux générés par chaque réseau; de SMS à 0,01 USD (1 cent) par SMS sortants intra réseau, inter-réseaux et internationaux générés ; de l’internet à 5% sur les revenus bruts générés par le service des données.

ces deux taxes augmenteront considérablement le coût d’utilisation des services et tout est en marche pour l’exécution de ce qui cause plus de mal que de bien aux congolais.
Le décor est déjà planté pour la mise en application de ce contrôle qui, certes, est une bonne chose mais dont le coût est mis sur la tête de la population congolaise dont le pouvoir d’achat est très faible et qui risque de voir plusieurs entreprises fermées en une année ce qui causerait une augmentation sensible du taux de chômage dans le pays. Le comble est que dans les 28 millions de dollars actuels que veut gagner AGI et Emery Okundji par mois dans cette affaire la DRGAD, caisse de l’Etat, n’a aucun dollar parce que 85% va à ce réseau typiquement maffieux, 10% à l’ARPTC et 5% à une certaine commission interministérielle.
La clé de répartition des revenus sur le contrôle des flux téléphoniques est la suivante: l’État via l’Autorité de Régulation des Postes Télécommunications »ARPTC » (10%) et la Commission ( 5%), et AGI le partenaire privé (85%). Mensuellement la nouvelle taxe va générer 27 millions de dollars. Sur cette somme, l’État n’aura que 2,7 millions $ alors que le prestataire privé aura 23 millions $. Ce contrat est signé pour une durée de 10 ans. Alors que l’État devrait plutôt équiper l’ARPTC pour qu’il fasse ce travail.
L’investissement pour le contrôle des flux téléphoniques s’élève à 1 millions $, selon des experts.
Prenant le niveau de revenus collectés par le trésor au deuxième trimestre 2018 évalués à 81 416 118 millions USD, les mêmes simulations révèlent quelque chose d’étonnant. En effet, sur les 81 millions USD collectés, 69 millions USD iraient chez le prestataire désigné par le gouvernement. Dès lors, l’ARPTC ne pourrait bénéficier que de 8 millions USD et la Commission mixte 4 millions USD.
le mécanisme mis en place par le gouvernement ne bénéficierait qu’au seul prestataire et il sera totalement supporté par les consommateurs congolais. Car, il est clair que les télécoms ne voudraient pas supporter cette perte.
Pendant ce temps, la GSMA, association internationale des exploitants de télécoms demande une diminution sensible de 10 à 3 % des taxes sur l’exploitation des services télécoms pour assouplir la charge des consommateurs.
Alors que devons-nous tirer comme leçon de cette machination avec comme objectif faire des poches pleines à des prestataires méconnus des marchés internationaux des télécoms sans expérience avérée dans le domaine, les dessous des cartes dans la passation des marchés, à qui profiterait réellement les 85% de l’AGI, somme toute, est-ce que le gouvernement Tshibala se soucie du développement économique, social et technologique du congolais?
Que chacun de nous tire leçons et conclusions sur la volonté du gouvernement et face à ses promesses fallacieuses de développement.


