Le Directeur de la Société nationale d’Électricité, Teddy Lwamba est la cible de plusieurs attaques sur les réseaux sociaux et la grogne populaire ne cesse de monter à cause de plusieurs poches de délestage dans la ville de Kinshasa.

Face à cela le Dg de la SNEL tente de répondre et de dissuader tout malentendu.
Teddy LWAMBA s’exprime en terme : « Je suis conscient, comme beaucoup de nos concitoyens, que les délestages et les poches noires à Kinshasa sont une réalité. Je ne cherche pas à les nier. Nos populations ont besoin d’une meilleure desserte et il est normal qu’elles l’exigent ».
Mais je pense également qu’il faut regarder ce qui est fait concrètement pour résoudre ces difficultés.
Ce samedi 5 septembre, j’ai constaté l’installation d’un nouveau transformateur de 75 MVA au poste haute tension de Makala. Avec ses niveaux de tension de 220/30/20/6,6 kV, cet équipement va renforcer la capacité de transformation et contribuer progressivement à améliorer la qualité de la desserte.
Kinshasa connaît une croissance démographique exceptionnelle, avec un boom immobilier qui fait naturellement exploser la demande en électricité. Cela exige de la SNEL de suivre cette évolution et d’adapter ses infrastructures à une ville qui grandit très rapidement.
C’est justement l’objectif de la vaste opération d’assainissement et de renforcement engagée par la SNEL et son DG Teddy Lwamba depuis plusieurs mois.
Mais il n’y a pas que Makala. Il ya aussi le G25 d’Inga qui a été réparé et remis en service début 2026, après environ deux années de travaux. Il représente 193 MW de puissance retrouvée. Une partie importante de cette capacité sera destinée à renforcer l’alimentation de Kinshasa et à réduire progressivement les poches noires dans la capitale. Une grande solution pour la ville de Kinshasa.
Et le travail continue : le G24 doit à son tour être réhabilité, avec un programme de travaux qui s’étalera sur environ 24 mois.
Teddy Lwamba déclare : « Je veux être clair : ce programme ne va pas résoudre tous les problèmes du jour au lendemain. Mais c’est un début concret de solution pour nos ménages. »
Il faut aussi comprendre une réalité que l’on oublie souvent : une panne peut survenir brutalement, mais la réparation d’un grand groupe électrique peut prendre deux ans. Il faut diagnostiquer, commander les équipements et les pièces nécessaires, respecter les procédures, réaliser les travaux et procéder aux essais avant de remettre l’installation en service.
À cela s’ajoutent les procédures prévues par nos lois, notamment en matière de marchés publics. Une entreprise publique comme la SNEL ne peut pas engager immédiatement certains travaux : elle doit suivre des procédures avant de pouvoir contracter avec un fournisseur et lancer les réparations.
Je ne dis pas cela pour justifier les délestages. Je le dis pour expliquer la réalité du terrain.
Teddy Lwamba dit être conscient des difficultés, mais aussi également être témoin du travail énorme qui est accompli par les équipes de la SNEL.
Je crois qu’il faut être exigeant avec la SNEL, mais il faut aussi reconnaître les efforts lorsqu’ils sont concrets : un G25 de 193 MW réparé et remis en service, un transformateur de 75 MVA installé à Makala et d’autres travaux importants en cours.
La situation n’est pas encore réglée. Mais dire que rien ne se fait serait injuste.

Je continuerai donc à défendre les faits, à expliquer les efforts engagés et à rappeler que la modernisation du réseau électrique est un travail de longue haleine. L’objectif reste le même : améliorer progressivement la desserte et soulager nos populations.
En une année, on veut faire porter à un seul individu le chapeau de problèmes qui se sont accumulés pendant plus de 40 ans. Pendant ce temps, on semble oublier que l’État congolais est le principal actionnaire de la SNEL et qu’il lui doit lui-même d’importantes créances.
La RDC fait face à un déficit énergétique structurel : les infrastructures vieillissent, la capacité réellement disponible reste insuffisante face à une demande croissante et les investissements nécessaires à l’augmentation de la production tardent à se concrétiser.
Selon la Banque mondiale, les créances de l’État envers la SNEL sont estimées à environ 110 millions de dollars, tandis que la dette totale de la SNEL approche 3 milliards de dollars. Le problème est donc bien plus profond qu’une seule personne. Il concerne des décennies de sous-investissement, le vieillissement des infrastructures, l’insuffisance de la production, les pertes sur le réseau, le faible recouvrement et une demande énergétique qui augmente, notamment avec l’essor du secteur minier.
À cela s’ajoute la lenteur dans la réalisation des projets destinés à augmenter la capacité de production, notamment hydroélectrique. On ne peut pas demander à la SNEL de produire davantage sans lui donner les moyens d’investir, de réhabiliter ses centrales et d’augmenter durablement l’offre énergétique.
On peut critiquer la gestion de la SNEL et demander des comptes à ses dirigeants. Mais peut-on sérieusement attribuer à un seul individu, en une seule année, les conséquences de plus de 40 ans de déficit énergétique, de sous-investissement et de problèmes structurels ? La responsabilité doit être examinée à tous les niveaux, y compris celle de l’actionnaire qu’est l’État.
Pourquoi le courant électrique est fortement perturbé ces derniers temps ? Mes amis, je voudrais que l’on réfléchisse ensemble.
Commençons par l’étiage. C’est quoi l’étiage ? En termes simples, c’est la période pendant laquelle le niveau du cours d’eau d’une rivière ou d’un fleuve atteint son niveau le plus bas, en raison d’absence des pluies.

Est-ce que cela impacte le fonctionnement des barrages hydroélectriques ?
Oui. Un barrage hydroélectrique a besoin d’un débit d’eau suffisant pour faire fonctionner ses turbines et produire de l’électricité. Lorsque le niveau des cours d’eau baisse fortement, la quantité d’eau disponible pour les turbines diminue. Moins d’eau signifie donc une capacité de production d’électricité réduite.

Pour mieux comprendre, je vous donne un exemple de ce que j’ai vécu personnellement durant la sèche.
Les personnes qui ont installé des panneaux solaires sur leurs toits savent que la production d’électricité dépend directement de la présence du soleil. Lorsque les rayons solaires sont insuffisants pendant une période, les panneaux produisent moins d’énergie, ce qui entraîne des difficultés d’alimentation électrique, parce que les batteries ne seront pas suffisamment rechargées.

Le principe est comparable pour les barrages : ce que le soleil représente pour les panneaux solaires, l’eau représente pour les barrages hydroélectriques.

Donc, moins de soleil égal moins d’énergie solaire produite.
Moins d’eau égal moins d’énergie hydroélectrique produite.
C’est une réalité qu’il faut comprendre : l’hydroélectricité dépend de la disponibilité de l’eau, tout comme l’énergie solaire dépend de l’ensoleillement.
Sakola.info



