À l’occasion de l’exercice de redevabilité du Gouvernement pour la première année de son mandat, le ministre d’État, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi, a présenté les principales réformes et actions engagées dans le secteur de l’urbanisme et de l’habitat en République démocratique du Congo.
Revenant sur la situation trouvée à son arrivée à la tête du ministère, Alexis Gisaro Muvunyi a relevé les défis liés à l’urbanisation rapide, à la croissance démographique, à la pression foncière et à l’insuffisance des infrastructures urbaines. Il a notamment évoqué la situation de Kinshasa, marquée, selon le constat dressé par les autorités, par une urbanisation peu maîtrisée et des infrastructures qui ne correspondent plus à l’évolution démographique de la capitale.

Parmi les premières réformes engagées figure la révision du Code de l’urbanisme et de la construction. Le ministre d’État a expliqué que le cadre juridique actuellement applicable remonte à 1957 et ne correspond plus aux réalités actuelles du pays. Le nouveau code, finalisé au niveau du cabinet, doit entamer son parcours au niveau des commissions de l’exécutif avant sa transmission au pouvoir législatif.
La gestion et la protection des espaces urbains constituent également un axe important de l’action du ministère. Dans ce cadre, un arrêté conjoint avec le ministère des Affaires foncières a été pris pour renforcer la protection des servitudes et des emprises non édificandi, notamment celles des routes, chemins de fer, lignes de haute tension et cours d’eau.
Cette mesure vise notamment à lutter contre les constructions dans des zones exposées aux risques d’érosion et d’inondation. Le ministre d’État a indiqué que des sanctions sont prévues à l’encontre des contrevenants, pouvant aller jusqu’à la démolition des constructions réalisées en violation des règles établies.
S’agissant de la délivrance des permis de construire, le ministre d’État a mis en avant le rôle du Guichet unique du permis de construire (GUPEC), présenté comme un instrument de réforme destiné à mieux encadrer les constructions dans les espaces urbains. Avec l’accompagnement du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, le dispositif est déjà déployé dans dix provinces du pays.
Cette réforme vise notamment à garantir le respect des normes d’urbanisme, de sécurité et de protection de l’environnement, tout en mettant fin aux constructions réalisées sans tenir compte des règles applicables.
Face aux effets des changements climatiques et aux risques d’érosion et d’inondation, le ministère a également engagé des actions en faveur de la résilience urbaine. La ville de Kalanga a été retenue comme ville pilote, compte tenu notamment de l’ampleur du phénomène d’érosion qui y est observé. Des équipes ont été déployées sur le terrain dans le cadre d’un programme réalisé avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Le même type d’intervention est appelé à être progressivement étendu à d’autres villes du pays.
Dans le domaine du logement, le ministre d’État a évoqué le projet Mukilango, destiné au relogement des populations sinistrées de Matadi-Kibala. Ce projet prévoit la construction de 1 000 maisons et affiche déjà un taux d’exécution physique de plus de 50 %. Entièrement financé par le Gouvernement, ce programme constitue une réponse à la problématique du relogement des populations touchées par les catastrophes.
Alexis Gisaro Muvunyi a également souligné la nécessité d’associer les promoteurs immobiliers, les banques et d’autres acteurs privés à l’effort de construction de logements. Dans cette perspective, le Gouvernement envisage la transformation du FONABAN en banque de l’habitat, afin de faciliter davantage le financement du secteur.
Le ministre d’État a, par ailleurs, présenté le projet Kiamouna, qui repose notamment sur la sécurisation de 43 000 hectares en vue de créer un espace aménagé et équipé. L’approche prévoit notamment le développement d’activités industrielles et la création d’emplois, avant l’installation progressive des populations dans un environnement disposant des infrastructures et équipements nécessaires.
Concernant le retour des vendeurs et autres occupants dans certaines zones interdites à la construction ou à l’occupation, Alexis Gisaro Muvunyi a reconnu l’existence d’un déficit dans l’application des règles. Il a rappelé que la gestion de ces espaces relève de plusieurs niveaux de l’administration, notamment national, provincial et communal. Selon lui, l’adoption de nouvelles dispositions sur la protection des emprises doit permettre de renforcer progressivement l’application des règles et d’éviter la réinstallation dans les zones concernées.
Le ministre d’État a également apporté des précisions sur la délivrance des permis de construire. Il a expliqué que le permis de construire au niveau national est délivré à travers le GUPEC, placé sous la tutelle du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat. Il existe toutefois une distinction concernant l’affectation des recettes, certaines étant destinées au Trésor public et d’autres aux villes, selon la catégorie de construction concernée.

Abordant la question de la sécurité des bâtiments et des changements de destination, Alexis Gisaro Muvunyi a indiqué que le respect des normes doit être assuré dès la conception des projets. Les plans doivent notamment intégrer les exigences relatives à la sécurité, à l’environnement, aux accès et aux sorties de secours, particulièrement pour les établissements recevant du public.
Il a également insisté sur la nécessité de contrôler les installations électriques, plusieurs incendies étant liés à des défaillances dans ce domaine. En cas de changement de destination d’un bâtiment, l’administration doit vérifier que les conditions techniques et réglementaires requises sont réunies.
À cet effet, des missions conjointes d’inspection avec le GUPEC sont envisagées, commune par commune, afin de contrôler les permis délivrés et de vérifier la conformité entre la destination autorisée des bâtiments et leur utilisation effective.
Enfin, le ministre d’État a évoqué la numérisation du permis de construire. Cette réforme doit permettre aux demandeurs d’accéder à distance à leur dossier à partir d’un téléphone ou d’un ordinateur et de suivre son évolution sans devoir se déplacer physiquement auprès des services de l’administration.
À travers ces différentes actions, le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat entend renforcer le cadre réglementaire, améliorer la gestion de l’espace urbain, sécuriser les constructions, développer l’offre de logements et accompagner les villes congolaises dans leur adaptation aux défis liés à l’urbanisation et aux changements climatiques.
Sakola.info



