Un collectif de jeunes originaires de l’espace kasaïen a publié une déclaration dans laquelle il se désolidarise des initiatives menées par certains acteurs politiques, notables et responsables religieux en faveur d’une révision ou d’un changement de la constitution de la République démocratique du Congo.
Dans cette correspondance adressée aux leaders politiques et religieux de l’espace kasaïen, les signataires affirment que les démarches visant à soutenir une éventuelle modification de la Constitution ne reflètent pas les aspirations de l’ensemble des populations de cette région du pays.
Selon eux, certaines personnalités cherchent à présenter l’espace kasaïen comme unanimement favorable à un projet qui permettrait au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de l’échéance constitutionnelle de 2028. Une perception qu’ils qualifient de fausse, injuste et dangereuse .
Les auteurs de la déclaration estiment que les opinions au sein de la communauté kasaïenne sont diverses et que de nombreux citoyens demeurent attachés au respect de la Constitution, à l’État de droit et au principe de l’alternance démocratique. Ils mettent également en garde contre toute tentative d’associer l’ensemble d’une communauté aux ambitions politiques d’un individu ou d’un groupe, soulignant les risques de divisions et de tensions identitaires que pourrait engendrer une telle démarche.
Le collectif rappelle que la République démocratique du Congo appartient à tous les Congolais, indépendamment de leur province d’origine, de leur appartenance ethnique ou de leur sensibilité politique. À ce titre, il considère qu’aucun calcul politique ne saurait justifier une remise en cause des principes démocratiques au profit d’intérêts particuliers.

Les signataires interpellent également les responsables religieux de l’espace kasaïen, les invitant à demeurer fidèles à leur mission de promotion de la paix, de la justice, de la vérité et de la réconciliation nationale. Selon eux, les institutions religieuses ne devraient pas être associées à des initiatives susceptibles d’accentuer les tensions politiques ou les clivages communautaires.
S’adressant aux acteurs politiques engagés dans ce plaidoyer, ils les exhortent à mesurer la portée de leurs actes et à privilégier les démarches susceptibles de renforcer l’unité nationale plutôt que celles pouvant fragiliser davantage la cohésion du pays.
Réaffirmant leur attachement à la Constitution, à l’alternance démocratique, à l’État de droit et à l’unité nationale, ces jeunes appellent les responsables politiques et religieux de leur espace à concentrer leurs efforts sur les préoccupations majeures de la population.
« Nous appelons les leaders politiques et religieux de notre espace à privilégier les combats qui préoccupent réellement nos populations, l’emploi des jeunes, l’éducation, les infrastructures, l’accès à l’eau et à l’électricité, la sécurité ainsi que le développement économique « , indiquent-ils dans leur déclaration.
Signalons que,ce document, signé à Kinshasa le 6 juin 2026 par plusieurs représentants des provinces du Grand Kasaï, conclut par un appel à la préservation du vivre-ensemble et au respect des principes constitutionnels comme fondements de la stabilité et de l’avenir démocratique de la République démocratique du Congo.
Mérite BAHOGWERHE



