La session parlementaire de mars 2026 au Sénat de la République démocratique du Congo, a ouvert ses portes lundi 16 mars. C’était au cours d’une cérémonie solennelle, présidée par le Président de la Chambre haute du Parlement, Jean-Michel Sma Lukonde Kyenge.

En présence de plusieurs personnalités politiques du pays et de quelques représentants diplomatiques en poste en RDC, le numéro 1 du Sénat a rendu hommage aux forces armées de la République démocratique du Congo pour les efforts déployés sur le terrain des opérations dans l’Est du pays. Il n’a pas non plus manqué de rendre hommage aux nombreuses victimes de la guerre d’agression et des atrocités commis dans le Nord, Sud-Kivu et dans l’Ituri.
« Nous associons à cet hommage, les éléments de nos Forces armées et de la Police Nationale, tombés sur le champ d’honneur dans l’accomplissement de leur mission sacrée de défense de l’intégrité du territoire, de protection de nos populations et de leurs biens ainsi que l’ensemble de nos concitoyens morts dans diverses circonstances.
Il en est de même des autres victimes innocentes de la guerre qui nous est imposée, au nombre desquelles les agents humanitaires, comme c’est le cas avec l’incident survenu le 11 Mars dernier à GOMA et les victimes de l’attaque terroriste des ADF, perpétrée la nuit du 11 au 12 Mars contre les sites miniers de Muchacha, en territoire de Mambasa dans la Province de l’Ituri », a laissé entendre Jean-Michel Sama Lukonde.

Le Président du Sénat a par ailleurs salué, de vives voix, les sanctions infligées à l’armée rwandaise pour des crimes et des atrocités commis en République démocratique du Congo par le Trésor américain.
« C’est ici l’occasion pour le Sénat de saluer les sanctions prises par le trésor américain à l’encontre des forces armées rwandaises et certains de ses hauts responsables », a-t-il lancé.
Il a rendu un hommage appuyé aux vaillantes Forces armées ainsi que la Réserve Armée de la Défense, « les Wazalendo » qui restent engagées avec courage et détermination en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Toujours au chapitre sécuritaire, Sama Lukonde a rappelé que la RDC fait face, depuis trois décennies, aux conséquences dramatiques des atrocités perpétrées sur son territoire, particulièrement dans sa partie Orientale où les actions terroristes menées par l’AFC-M23, soutenu par le Rwanda, ainsi que l’activisme du groupe ADF, continuent de déstabiliser cette région.
« Je condamne avec la plus grande fermeté les attaques aériennes par drones kamikazes ayant visé l’aéroport international de Bangboka à Kisangani ainsi que d’autres installations militaires, dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2026. Ces violations répétées du cessez-le-feu sont inacceptables », a décrié Sama Lukonde.
Pour le Président du Sénat, la recrudescence de l’insécurité urbaine dans les grandes villes et
l’insécurité à l’Ouest ne doivent laisser personne indifférente.
« Nous saluons à cet égard les efforts de désarmement et de démobilisation des groupes Mobondo dans la partie Ouest du pays et encourageons le Gouvernement à intensifier la lutte contre l’insécurité urbaine »,a-t-il souhaité.
Sur le plan politique, le numéro du Sénat dit clairement s’inscrire dans la voie du dialogue national inclusif sous le le format voulu par le Chef de l’État.
« Le Sénat accorde une attention particulière à l’appel au dialogue entre congolais dans le format annoncé par le Président de la République. Nous réaffirmons notre disponibilité à contribuer à cette initiative, dans
le strict respect du cadre institutionnel et dans l’intérêt supérieur de la Nation. Face aux agressions et aux tentatives de déstabilisation dont notre pays est victime, le dialogue doit demeurer un instrument de consolidation de la paix, de renforcement de l’autorité de l’État et de préservation de la solidité des institutions »a insisté Sama Lukonde
.
La situation socioéconomique du pays n’a pas été omise par le numéro du Sénat dans son speech d’ouverture de cette session de mars.
« Sur le plan socio-économique, en dépit des efforts consentis par le Gouvernement, notamment en matière de stabilisation du cadre macroéconomique, de consolidation des réserves de change et de régulation du marché des devises, la situation de notre pays demeure préoccupante. Le chômage des jeunes, l’érosion du pouvoir d’achat, le retard dans la paie des fonctionnaires et agents de l’État ainsi que l’accès limité aux services sociaux de base qui traduisent les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés nos concitoyens, appellent des réponses structurelles, durables et inclusives », a souligné Jean-Michel Sama Lukonde.

Il propose par ailleurs quelques pistes de solution pour endiguer la situation.
« Le Sénat estime indispensable de consolider une dynamique de croissance soutenue, fondée à la fois sur la valorisation des opportunités offertes par la demande mondiale en ressources minières stratégiques, sur la diversification effective de notre économie, et sur le développement des secteurs de l’agriculture, de l’énergie et de l’industrie locale.
Les impératifs sécuritaires, dont la légitimité ne saurait être remise en cause, exercent une pression significative sur les équilibres budgétaires. Le Sénat rappelle avec insistance que chaque franc mobilisé au titre des ressources publiques doit être affecté avec rigueur, responsabilité et discernement, en veillant à un juste équilibre entre les dépenses de sécurité et les investissements à fort impact social et économique,
notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé… », a-t-il proposé.
Pour la Chambre haute du Parlement, la loi de finances rectificative apparaît non seulement comme un
instrument d’ajustement technique, mais également comme un outil stratégique permettant de répondre aux chocs exogènes et de garantir la soutenabilité des finances publiques dans un environnement
international instable lié par la guerre actuelle au Moyen Orient.
Notons par ailleurs que cette session parlementaire de mars 2026 au Sénat, se focalisera également sur l’examen des projets de Loi liés à la ratification de l’accord de Paix de Washington signé entre la République démocratique du Congo le Rwanda et l’accord de partenariat stratégique entre la RDC et les USA.
Sakola.info


