Le phénomène dit des Wazalendo met en lumière, avec une brutalité saisissante, les failles structurelles de l’État congolais. Confronté à l’incapacité d’assurer sa mission régalienne protéger les citoyens et garantir l’intégrité du territoire national le pouvoir a choisi de déléguer sa responsabilité à des civils armés, sans encadrement, sans formation adéquate et sans stratégie claire. Une telle pratique traduit, en réalité, l’effacement de l’autorité publique dans ses fonctions essentielles.
La déclaration du général Sylvain Ekenge, affirmant que l’armée ne gère pas les Wazalendos , soulève une inquiétante question de gouvernance : si l’armée nationale ne contrôle pas ces groupes, qui en assume alors la responsabilité ? Qui répond des exactions, abus et dérives qui en résultent ? L’absence de réponse officielle illustre un État réduit à un rôle de spectateur, laissant à l’abandon aussi bien ses forces armées que sa population.

Les Wazalendos ne constituent donc pas uniquement une conséquence de la guerre persistante dans l’Est du pays. Ils incarnent surtout le symptôme d’un État défaillant, parfois perçu comme inexistant, où l’adversaire ne se limite plus aux frontières, mais se loge dans les failles mêmes des institutions.
Il apparaît dès lors que la responsabilité première de ce désordre sécuritaire incombe au sommet de l’État. En l’absence de mécanismes de régulation et d’encadrement, la présidence de la République ne peut se soustraire à la reddition de comptes face aux dérives que ce phénomène engendre.
Mérite BAHOGWERHE JEAN PAUL



