Dans un geste sans précédent, l’ancien président américain Donald Trump a autorisé la déclassification de plus de 230 000 pages d’archives relatives à l’assassinat du Dr Martin Luther King Jr., survenu le 4 avril 1968 à Memphis, et non en 1963 comme souvent confondu. L’annonce officielle a été faite lundi par Tulsi Gabbard, actuelle directrice du Renseignement national, qui a salué « une complète transparence sur cet événement tragique et décisif dans l’histoire du pays ».
Ce geste intervient dans un contexte de demande croissante de vérité historique aux États-Unis, où plusieurs pans de l’histoire politique et sociale du XXe siècle sont encore partiellement voilés par le secret d’État. L’affaire Martin Luther King, comme celles des assassinats de John F. Kennedy (1963) et Robert F. Kennedy (1968), a longtemps alimenté des spéculations, des théories alternatives et des suspicions quant au rôle réel des institutions américaines dans ces drames.
UNE LIBÉRATION D’ ARCHIVES SANS PRÉCÉDENT
Selon les services de renseignement, les documents désormais accessibles couvrent une période allant de 1965 à la fin des années 1990. Ils comprennent des rapports du FBI, des notes internes de la CIA, des correspondances confidentielles entre les agences fédérales et la Maison Blanche, ainsi que des transcriptions de témoignages classifiés. Pour les historiens et spécialistes de la politique américaine, cette publication marque une étape majeure dans la relecture du rôle des services de renseignement et des institutions fédérales à une époque marquée par la lutte pour les droits civiques, la guerre froide et de profondes tensions internes.

Le nom de Martin Luther King incarne, aux États-Unis comme dans le monde, la non-violence et la justice sociale. Que des pans entiers de l’enquête sur son assassinat aient été tenus secrets pendant plus d’un demi-siècle a nourri une méfiance persistante vis-à-vis de l’État fédéral. La décision de Donald Trump souvent critiqué pour ses positions sur les droits civiques apparaît ici comme une tentative de réconciliation avec une mémoire douloureuse, mais aussi comme une initiative politique stratégique pour peser à nouveau sur les débats historiques et institutionnels aux États-Unis.
PAT BOKETE



