Alors que les violences armées s’intensifient dans l’Est de la République démocratique du Congo, les survivant·es de violences sexuelles se heurtent à un accès de plus en plus limité aux soins, prévient l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF). Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont particulièrement touchées.

« Les chiffres sont sous-estimés par rapport à la réalité, car nombreux sont les obstacles à la prise en charge : peur de représailles, stigmatisation, éloignement géographique et pénurie dans les structures de santé « , explique Luders Leriche, coordonnateur des activités médicales de MSF au Sud-Kivu.
En plus des souffrances physiques et psychologiques, les conséquences sociales sont lourdes : rejet familial, isolement, stigmatisation, voire pensées suicidaires. Le nombre de cas parmi les hommes reste moins élevé, mais tout aussi préoccupant selon MSF.
Le conflit armé complique gravement la logistique médicale. Des ruptures de stock de médicaments et de kits de soins essentiels sont rapportées dans plusieurs centres de santé. À cela s’ajoutent les réductions de financements humanitaires internationaux, qui menacent directement la continuité de la prise en charge.
« Il est impératif de ne pas abandonner ces femmes et ces enfants. Leur prise en charge doit être une priorité absolue « , insiste François Calas, également membre de MSF.
Dans les zones de Goma, Rutshuru, Masisi, Walikale, Kalehe et Uvira, MSF continue de proposer des soins médicaux et psychologiques complets : traitement post-viol, contraceptifs d’urgence, vaccinations, traitements contre les IST et avortements sécurisés. Les cas complexes sont référés vers des hôpitaux spécialisés.
Mérite BAHOGWERHE JEAN-PAUL


