Tiktokeur et député national, Eliezer Ntambwe a récemment soulevé le tollé dans une intervention asséchée de rationalité à l’assemblée nationale. De nombreux analystes se préoccupent de savoir si son propos relevait de l’ignorance sur la question abordée ou de l’intention délibérée de manipuler l’opinion contre la cible choisie, Jean-Pierre Bemba.
Généralement, le débat sur le budget national d’un pays constitue un moment crucial dans le travail parlementaire. C’est ici que le gouvernement définit clairement ses ambitions de gouvernance. Ce moment suscite des controverses au sein des assemblées parlementaires dans la mesure où chaque élu en profite, soit pour critiquer les prévisions et allocations, soit pour faire des propositions allant dans le sens d’améliorer des prévisions proposées. C’est aussi un moment propice à la visibilité politique. Et c’est ce dernier aspect qui est souvent exploité par certains comme stratégie de communication destinée à séduire l’opinion par des discours populistes.
Les férus de ce registre ne ratent aucune occasion pour jouer un coup politique contre tel ou tel autre acteur ou camp politique pris pour cible.
Et ce le moins que l’on puisse dire de l’intervention du député National Eliezer Ntambwe, lors de la plénière de jeudi 30 octobre 2024 à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo.
En effet, selon les us et coutumes parlementaires en RDC, un député qui prend la parole s’adresse à la plénière via le président de l’Assemblée nationale. À défaut de respecter cette procédure, le député doit être rappelé à l’ordre par le Président de l’Assemblée.
Et pendant les débats sur le projet de loi des finances ( budget) , instrument ou texte engageant le gouvernement, c’est le chef ou la cheffe du gouvernement qui en endosse la responsabilité devant la Nation. Il ne peut en aucun cas être l’affaire d’un ministre sectoriel de répondre aux préoccupations des députés pendant le débat en plénière. Bien au contraire, les députés s’adressent à la plénière en demandant au Président de l’Assemblée de transmettre leurs préoccupations au gouvernement ( premier ou première ministre).
Ce qui a été fort étrange dans ce cas, c’est de voir un député national – de surcroît membre de la majorité au pouvoir – s’adresser directement à un ministre, allant jusqu’à le citer nommément devant la plénière, sans aucun rappel à l’ordre du Président de l’Assemblée nationale!
Ce dernier, professeur d’économie – habituellement prompt à corriger le moindre dérapage de ses collègues – s’est fait discret au lieu de recadrer Eliezer Ntambwe afin de lui expliquer ce qu’est un projet de performance d’un budget. Bien au contraire et au comble de curiosité, il a demandé à la plénière de l’applaudir !
Ce n’est pas tout, plus déplorable encore, c’est quand le député Ntambwe s’est permis, sans nuance, de qualifier un membre du gouvernement, un leader important faisant partie du présidium de la coalition au pouvoir par : « tala tata oyo… », voyez moi ce papa ( VPM Bemba, ndlr) comme s’il s’adressait à un citoyen lambda.
Serait-ce une maladresse accidentelle ou un complot politique ?
Cette journée était empreinte d’une suite des faits qui, mis à côté les uns les autres, paraissent moins anodins. En plus de ceux relevés ci-dessus, il convient d’épingler et de constater le fait que dans ses réponses aux préoccupations des députés, la première ministre, Judith Suminua, sachant bien que la question avait agité même ses ministres, n’y a pas apporté une clarification pour couper court à la désinformation orchestrée par le député Eliezer Ntambwe.
Un problème politique !
Au regard de toutes ces étranges omissions, tout esprit lucide arrive finalement à se demander si ce ne serait pas une stratégie concoctée à l’avance pour salir intentionnellement un membre du gouvernement, à savoir Jean-Pierre Bemba ?
Indépendamment des insinuations outrancières du député national, est-ce que notre pays, s’il y avait de la bonne gouvernance, serait-il incapable d’acquérir 60 avions pour désenclaver son secteur aérien ?
Pour plusieurs analyses politiques, Eliezer Ntambwe n’est que l’arbre qui cache la forêt, un instrument téléguidé par quelques membres de la majorité au pouvoir dans le but, non seulement de déformer l’opinion, mais aussi et surtout pour nuire à un leader politique dont la méthode de travail semble déranger les intérêts égoïstes de certains dans la cage.
Une analyse de ETETE DOMINGO


