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Les larmes d’un congolais sur le vol et l’égoïsme au sommet de l’état

En me regardant ce matin dans une glace, j’ai eu une vague impression de ceci: yango toyaka kotika bat’oyo na mokili to nini? (Sommes-nous venus accompagné certaines personnes sur terre )

15 millions, 200 millions de dollars américains!! Les uns triment sérieusement dans le Congo d’en bas maintenu à volonté à l’époque médiévale, voire à l’ère de la pierre polie dans les profondeurs du pays… Assis confortablement, jambes croisées et smartphone collé à l’oreille, les autres voient leurs comptes bancaires privés s’enfler constamment, avec l’argent de la République, de nos entreprises, et s’offrent des banquets en permanence… Avec le recul du temps, je comprends mieux à présent cette soirée dansante en or à Pullman Hôtel!

Finalement, il ne s’agit nullement d’une fiction, d’une série télévisée du genre «Dallas» avec son univers impitoyable… C’est bel et bien l’argent du contribuable congolais grillé par une bande de jouisseurs qui prennent le Congo pour un héritage familial! Tout se passe finalement comme s’il nous a été donné de suivre un concours de détournements des deniers publics… Nani akovuzula koleka moninga? (Qui pillera plus que l’autre) Dire que Panama Papers, Och-Ziff, Cash Investigation, … ont aussi révélé des forfaits allant au-delà de 200 millions!

Aucun État n’appartient en bien propre à qui que ce soit, la nation préexiste à tous, elle prévaut entre tous… Et, assurément, elle survivra à tous! Entre-temps, l’Histoire jugera… Et l’Histoire seule! Rebelle à tout asservissement, elle finit, tôt ou tard, par régler les comptes à ses affabulateurs… Car tout finit par apparaître pour enfin disparaître à un moment déterminé par le temps… Hum, le temps, l’autre appellation de Dieu!

J’écris ces lignes en pensant spécialement à ces populations de l’Est congolais errant ça et là, depuis plusieurs décennies, fuyant les exactions des hommes en armes de tous bords… A ces écoliers suivant le cours, les pieds dans l’eau, dans le Nord du pays… A ces veuves dont les maris ont dû travailler autant dire pour rien dans nos entreprises publiques… Surtout en pensant à ces deux photos qui m’ont toujours foutu la rage et la nausée de la politicaille congolaise… Celle d’un nourrisson tentant de réanimer sa mère mourante, vraisemblablement une déplacée de guerre… Et celle, plus récente, d’une fillette orpheline suite au massacre de ses parents, et responsable désormais de ses deux jeunes frères… Toujours à l’Est, pauvre Est, mtshium!

© Didi Mitovelli

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