Patience Barandenge: « La femme peut bâtir »

Patience Barandenge

Patience Barandenge, responsable des marchés féminins à la Rawbank et porteuse du programme de financement des projet féminin lady’s first a au cours d’un entretien qu’elle nous a accordé, donné sa vision sur la parité homme et femme et demandé l’éveil de la femme. L’autonomisation économique de la femme ne peut se faire que des sacrifices et de l’implication de la femme elle-même. La femme doit se levé maintenant et ne pas attendre les années pour agir.

Patience Barandenge
Patience Barandenge, responsables des marchés féminins à la Rawbank

Sakola.info : le thème de cette année du mois de la femme est « Femme dans un monde du travail en évolution : planète 50-50 d’ici à 2030. Quel est votre avis par rapport au thème choisis ?

Patience Barandenge : Je ne pense pas qu’il faut attendre 2030, le combat pour la parité dans les compétences au travail est quotidien. C’est un target, un but à atteindre de tous les jours parce que le milieu du travail est dominé la gente masculine. Nous les femmes, sommes en retard sur l’évolution technologique, nous sommes difficilement mobile sur le plan du travail. Exemple pour un poste en province, c’est plus les hommes qui postulent que les femmes. D’où, les femmes doivent démontrées leurs compétences dans cette compétitivité au travail. C’est maintenant que les femmes doivent agir.

Sakola.info : Les célébrations du mois de la femme, sont-elles juste un culte ?

Patience Barandenge : Je parlerai du jour, le 8 Mars. C’est une commémoration, une journée de motivation mais pas un culte. Une journée de réflexion pour les femmes sur le combat mené par ces femmes des années 70, faire une évaluation sur tous les acquis de ces droits depuis tous ce temps. Puisque avec le temps, il y a eu beaucoup de changement comme avec notre code de la famille, il a beaucoup évolué en faveur de la femme.

Sakola.info : 7 ans après aujourd’hui, est-ce que lady’s first a un impact palpable auprès des congolaises ?

Patience Barandenge : Je dis tout haut l’impact de lady’s first est réel, palpable. Même toute notre stratégie de communication est basée sur les vraies bénéficiaires de lady’s first pour permettre aux gens de vérifier par eux mêmes. Le programme a commencé le 30 mars 2010 avec 23 femmes aujourd’hui 7 ans après, nous comptons 3 700 femmes dont 2000 femmes qui ont déjà bénéficiées d’un financement autour de 25 millions de dollars et sur les 2000 femmes bénéficiaires, 1800 femmes ont été formés aux techniques managériales. Et ces femmes ont eu un impact réel dans leurs business, ces sont des personnes que vous rencontrez dans la vie. Seulement, il faut aussi noté un aspect négatif sur le remboursement des crédits mais c’est minime face aux réussites du projet lady’s first. Des femmes se réunissent sur des projets à impacts. Je peux dire qu’avec Lady’s first le dictons qui clame que « les femmes ne bâtissent rien », ne s’affirme pas.

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Sakola.info : mettons lady’s first de côté, est-ce que la femme congolaise a évolué ?

Patience Barandenge : Toute femme aime être encouragé dans ce qu’elle fait. J’ai eu des rencontres étonnantes avec des femmes congolaises, des femmes pilotes, taxi-woman, des femmes ajusteurs. Les femmes osent de plus en plus. La part de l’homme est fortement demandée dans le sens de l’encouragement de la femme au travail. Et même de la presse qui parle d’elle pour motiver celle qui hésitent encore.

Sakola.info : Quels sont les remèdes pour la femme qui attend encore la décision de l’homme ?

Patience Barandenge : Les femmes sont leaders de l’épargne donc elles ont les outils pour leurs autonomisations. En plus de 8 ans dans le monde de l’entreprenariat féminin, je crois à l’autonomisation économique de la femme. Une femme qui sait pourvoir à ses besoins. On ne peut attendre quelques choses pour un projet personnel d’une autre personne. Réduire les dépenses, économies et créations de petites activités génératrices de recettes. Nous avons des exemples des femmes qui ont commencé avec peu et aujourd’hui elles sont fortes économiquement. Maman Tshibi Tshabene est un modèle, elle a commencé son petit commerce à 16 ans, aujourd’hui, elle a 70 ans et n’a pas fais des grandes études mais elle est un modèle de réussite.

Sakola.info : Quel est la part de l’homme dans cette recherche de parité dans le travail ?

Patience Barandenge : l’homme s’impliquera dans cette action en mettant d’abord son égo de côté et en aidant la femme à la culture de la méritocratie en apprenant à la femme à travailler. Comme à la Rawbank, avec le rawladies, nous avons milité pour que les hommes de l’entreprise à accepter la femme à leurs côtés dans le travail. La femme est multitâche, nous avons la facilité d’apprendre. Moi, j’ai une formation de journaliste à la base, j’ai appris le métier de la banque sur le tas, j’ai fais des formations de graphisme, j’ai travaillé dans le monde de la production. Que l’homme ouvre une brèche à la femme pour qu’elle s’affirme.

Sakola.info : Lady’s first a fais ses preuves mais c’est quoi la suite ?

Patience Barandenge : lady’s first est un programme pour ces femmes qui ont 10 et nous les aidons à avoir 100. Alors là vient « Dream come True », ce programme en format téléréalité pour les jeunes filles qui ont des rêves mais manquent des moyens pour les réaliser. Dream come True verras des jeunes filles, 100 filles, concourir pour vendre leurs projets et les meilleurs seront financés par un crédit de 10.000 dollars. Je dis crédit parce que la gratuité n’a pas de valeur et ce programme est pour l’autonomisation, le développement de la culture de l’entreprenariat. Comme c’est une téléréalité, tout le monde verra et ces filles auront intérêt à réussir.

C’est une voie pour lutter contre le chômage de la jeune fille.

Sakola.info : Vous avez parlé des rêves des autres femmes mais quel est le vôtre ?

Patience Barandenge : Je suis de celle qui prends plaisir à voir les autres évolués. J’ai une passion d’apprendre les autres à réussir donc je veux avoir une structure formelle d’accompagnement des jeunes entrepreneurs à réaliser leurs rêves. Tout compte fait, mon rêve est de voir les rêves des autres se réaliser.

Propos recueillis par Patrick Lakwe

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